(La Nouvelle République)-À la fin du mois de novembre 2025, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Commission de l’Union africaine (CUA) ont publié le rapport « Dynamiques du développement en Afrique 2025 : Infrastructure, croissance et transformation ». Ce document d’analyse dresse un état des lieux des déficits d’infrastructures sur le continent et évalue leur impact sur la croissance économique, la transformation productive et l’intégration régionale.
Le rapport estime que l’Afrique devra mobiliser en moyenne près de 155 milliards de dollars par an jusqu’en 2040 pour combler ses retards en infrastructures, notamment dans les secteurs de l’énergie, des transports, du numérique et de l’eau. Selon les auteurs, un tel niveau d’investissement permettrait de soutenir une trajectoire de croissance plus soutenue et de rapprocher les économies africaines des objectifs de développement fixés par l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Les institutions relèvent toutefois plusieurs contraintes structurelles. La hausse de l’endettement public, le coût élevé du financement, les faiblesses de gouvernance et les capacités limitées de mise en œuvre des projets constituent des freins majeurs à la réalisation d’infrastructures à grande échelle, en particulier pour les projets régionaux et transfrontaliers.
Pour lever ces obstacles, le rapport recommande de renforcer la planification stratégique des investissements, d’améliorer la coordination entre États, institutions régionales et partenaires financiers, et de promouvoir des partenariats public-privé plus efficaces. L’OCDE et la CUA plaident également pour une orientation accrue vers des infrastructures durables, afin d’inscrire la croissance africaine dans une trajectoire de transformation économique compatible avec les objectifs climatiques et de développement à long terme.
Gabriel BLIVI
