(La Nouvelle République)-Près d’un siècle après sa création, l’Association Henri Capitant poursuit son action en faveur du dialogue entre universitaires et praticiens du droit. À Lomé, son groupe national a organisé lundi 21 septembre 2026 un colloque consacré au lanceur d’alerte, offrant aux juristes togolais un espace d’échanges sur une problématique devenue centrale dans les débats contemporains sur le droit et l’intérêt général.
Universitaires, praticiens et responsables académiques ont participé à cette rencontre scientifique consacrée au statut juridique du lanceur d’alerte, aux mécanismes de protection existants et aux possibilités de renforcer son encadrement au Togo. Les discussions ont été menées dans une approche comparative afin de mettre en regard le cadre togolais avec les expériences développées dans d’autres systèmes juridiques.
Pour le professeur Dosseh Anyron, président du comité d’organisation, cette rencontre constitue une étape importante dans la réflexion engagée autour de la figure du lanceur d’alerte.
« Il était important que l’Association Henri Capitant, qui organise cette journée au Togo, puisse réfléchir avec les collègues et amis togolais sur la figure du lanceur d’alerte aujourd’hui, dans une approche holistique et comparative, pour questionner ce statut, faire l’état des lieux et esquisser des solutions pour la protection du lanceur d’alerte et, partant, la protection de l’intérêt général », a-t-il déclaré.
La professeure Claire Séjean-Chazal a rappelé que le phénomène des lanceurs d’alerte est ancien, mais que les enjeux liés à leur protection connaissent aujourd’hui une nouvelle actualité. Si des mécanismes existent dans le droit togolais, ceux-ci demeurent encore partiels. La comparaison avec d’autres expériences, notamment celle de l’Union européenne, permet ainsi d’alimenter la réflexion sur les évolutions possibles du cadre juridique.

La rencontre de Lomé s’inscrit également dans une dynamique de coopération juridique entre les pays et les différents groupes de l’Association Henri Capitant. Le professeur Dosseh Anyron a d’ailleurs présenté cette initiative comme le début d’une séquence qui devait se poursuivre au Bénin.
« Nous sommes heureux d’ouvrir le bal et nos collègues du Bénin termineront le bal demain », a-t-il indiqué.
Maître Laurent Poulet, membre du conseil d’administration de l’Association Henri Capitant, a pour sa part mis en avant la portée de cette rencontre pour les groupes du Togo et du Bénin. Il a notamment salué le travail accompli dans le cadre de la rédaction de l’ouvrage « Droit du Togo, Droit du Bénin », destiné à offrir aux juristes une base de référence sur les deux systèmes juridiques.
Le professeur Akrawati Shamsidine Adjita, doyen de la Faculté de droit de l’Université de Lomé, et le professeur Koffi Agbenoto, président du Comité scientifique, ont également relevé la pertinence du thème et son inscription dans les grands questionnements juridiques de l’époque.
Ouverts officiellement par le premier vice-président de l’Université de Lomé, le professeur Kperkouma Wala, les travaux ont été suivis d’une remise solennelle d’ouvrages à la bibliothèque du Centre de droit des affaires.
Fondée en 1935 à l’initiative du professeur Henri Capitant, l’association avait pour ambition de réunir des juristes de différents pays autour d’une tradition juridique commune. Elle est devenue, au fil des années, un réseau international implanté dans 53 pays et consacré aux échanges scientifiques entre universitaires et praticiens du droit.
