(La Nouvelle République)-À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, l’Union des Journalistes Indépendants du Togo (UJIT) a livré un message à la fois engagé et nuancé, mêlant hommage aux professionnels des médias, analyse critique de l’environnement informationnel et encouragements face aux avancées récentes du pays.
Dans son adresse, l’organisation salue le courage des journalistes togolais et du monde entier, qui exercent leur métier « avec rigueur, intégrité et dévouement au service de la vérité », malgré un contexte de plus en plus complexe.
Un écosystème informationnel fragilisé
L’UJIT met en garde contre les mutations profondes qui affectent le paysage médiatique. L’information, souligne-t-elle, est aujourd’hui « un champ de bataille », exposé à des manipulations croissantes, notamment via l’usage détourné des technologies comme l’intelligence artificielle. Ces pratiques contribueraient à affaiblir la confiance entre les citoyens et les institutions.
À cela s’ajoutent les difficultés économiques persistantes des médias indépendants, qui limitent leur capacité à jouer pleinement leur rôle de contre-pouvoir dans un système démocratique.
Plus préoccupant encore, l’organisation alerte sur la montée de l’autocensure à l’échelle mondiale. Estimée à plus de 60 %, celle-ci s’explique par un climat de pression multiforme : menaces, harcèlement numérique, procédures judiciaires dissuasives et contraintes financières. Une dynamique que l’UJIT considère comme l’une des formes les plus insidieuses de restriction de la liberté de la presse.
Le journalisme, pilier de paix et de gouvernance
Dans la continuité du thème international de cette année, « Façonner un avenir de paix », l’UJIT rappelle que la liberté de la presse dépasse le cadre strict du secteur médiatique. Elle constitue un levier essentiel pour la stabilité, la transparence et le développement.
L’accès à une information fiable, la promotion de la redevabilité et le renforcement du dialogue citoyen sont, selon l’organisation, des éléments clés pour consolider la paix, soutenir la reprise économique et garantir le respect des droits humains.
Au Togo, ces enjeux revêtent une importance particulière dans un contexte où la cohésion sociale et la stabilité institutionnelle reposent en partie sur la qualité et l’indépendance de la presse.
Une progression notable dans le classement de RSF
L’UJIT a également salué les résultats du classement mondial 2026 de Reporters sans frontières. Le Togo y enregistre une progression significative, gagnant 24 places pour atteindre la 97ᵉ position sur 180 pays.
Cette évolution permet au pays de quitter la catégorie des États en situation « difficile » pour rejoindre celle des environnements « problématiques », une amélioration jugée encourageante par l’organisation, même si des efforts restent nécessaires pour consolider ces acquis.
Dans cette perspective, l’UJIT appelle les autorités togolaises à renforcer le soutien public au secteur, notamment en augmentant le fonds d’aide à la presse, afin de garantir aux médias les moyens d’accomplir leur mission d’intérêt général.
Un engagement renouvelé
Face à ces défis, l’Union des Journalistes Indépendants du Togo réaffirme son engagement à défendre les journalistes victimes de pressions, à promouvoir les standards éthiques du métier et à plaider pour un environnement juridique et économique plus favorable à l’indépendance des médias.
Elle entend également poursuivre son action en faveur d’un journalisme de qualité, contribuant à bâtir une société togolaise plus pacifique et démocratique.
En conclusion, l’UJIT adresse un message de soutien à l’ensemble des professionnels des médias, rappelant que « la plume au service de la paix est plus puissante que jamais ».
Gabriel BLIVI
