(La Nouvelle République)-À l’heure où le numérique façonne l’économie mondiale, 850 millions de personnes dans le monde ne disposent d’aucune forme de document d’identité officiel. Cette réalité, révélée par la Banque mondiale à travers son initiative ID4D (Identification for Development), constitue un frein considérable à l’accès aux services numériques essentiels, à la protection sociale et à la pleine participation économique.
L’absence d’identité légale signifie souvent l’exclusion de systèmes de santé, d’éducation, de finance et d’administration en ligne. Sans preuve d’existence reconnue, des millions d’individus ne peuvent ni ouvrir un compte bancaire, ni obtenir une carte SIM, ni bénéficier de prestations sociales. Le fossé se creuse alors, renforçant la fracture numérique entre les pays développés et ceux à faible revenu.
Le défi de l’inclusion numérique va donc au-delà de la simple connexion à internet : il repose aussi sur l’enracinement de systèmes d’identification robustes, interopérables et respectueux des droits humains. Selon la Banque mondiale, la mise en place de registres d’identité numériques fiables est indispensable pour accompagner la transformation digitale des administrations et garantir l’accès équitable aux services en ligne.
Face à cette urgence, le pôle Développement numérique de l’institution soutient les pays dans la conception de plateformes sécurisées, la modernisation des registres d’état civil et la construction d’écosystèmes numériques résilients. L’objectif : faire de l’identité une passerelle vers les opportunités, et non une barrière. Car sans identité, il n’y a ni inclusion, ni développement durable à l’ère du numérique.
Louise LAWSON
