(La Nouvelle République) – Après la tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre à Cotonou, une partie de la presse béninoise s’est engagée dans une campagne d’accusations visant le Togo. Sans enquêtes étayées ni preuves rendues publiques, notre pays est présenté comme complice ou refuge supposé, au mépris des faits établis et des procédures en vigueur.
À ce jour, aucun mandat d’arrêt rendu public, aucune communication officielle des autorités judiciaires béninoises, ni aucune décision d’une instance régionale ou internationale ne vient corroborer ces allégations. Pourtant, les titres se font péremptoires, installant un climat de condamnation médiatique où l’émotion semble l’emporter sur la rigueur de l’information.
Cette dérive traduit un glissement inquiétant du journalisme vers la surenchère et l’invective, marqué par l’usage de qualificatifs lourds de conséquences, tels que celui d’« État voyou », habituellement réservés à des décisions politiques ou juridiques formelles.
Le Togo n’a pas à servir de bouc émissaire. Si des faits existent, qu’ils soient établis et soumis aux instances compétentes. À défaut, cette campagne médiatique apparaît comme une entreprise de discrédit sans fondement, qui fragilise davantage la crédibilité de ses auteurs que celle du pays mis en cause.
Au regard des valeurs de paix et de sécurité portées par le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, et des actions concrètes menées par le Togo dans la sous-région, il est difficile pour un observateur averti de la scène politique régionale d’accorder crédit à de telles allégations. L’engagement constant du pays en faveur de la stabilité et du règlement pacifique des crises en affaiblit considérablement la portée.
Gabriel BLIVI
