(La Nouvelle République)-Face aux discours incendiaires de certains activistes de la diaspora, tapis à l’étranger mais toujours prompts à attiser la colère et à semer la division, l’heure est venue de nommer les choses avec clarté. Oui, les pyromanes sont à l’œuvre. Et leur cible, c’est le Togo. Leur carburant, c’est la haine. Leur méthode, c’est la manipulation.
Depuis leurs salons feutrés d’Europe ou d’Amérique du Nord, certains autoproclamés défenseurs de la liberté orchestrent méthodiquement une campagne d’incitation à l’insurrection populaire. Ils utilisent les réseaux sociaux comme autant de mèches, soufflant sur les braises des frustrations, appelant à l’affrontement, au chaos, à la rupture violente de l’ordre républicain. Ils désignent des ennemis, diabolise l’État, encouragent les jeunes à braver les institutions, à défier les forces de sécurité, à « libérer » un pays qu’ils n’ont pas foulé depuis des années pour les uns, des décennies pour les autres.
Mais de quelle liberté parlent-ils ? Et pour qui ? Leur prétendue lutte citoyenne n’a rien de patriotique. Elle est hors-sol, déconnectée des réalités du terrain. Elle ne propose ni projet cohérent, ni vision partagée. Elle ne cherche ni compromis ni progrès. Elle veut juste tout brûler, au nom d’une revanche, d’un rejet, d’un ressentiment parfois personnel, souvent instrumentalisé.
Pendant ce temps, ici, au Togo, c’est une autre urgence qui domine, celle de la paix à préserver, du vivre-ensemble à consolider, du développement à accélérer. Nos concitoyens aspirent à la sécurité, à l’emploi, à la santé, à l’éducation, à la justice sociale. Pas à une révolution téléguidée. Pas à une violence importée.
Le peuple togolais a déjà payé cher les turbulences politiques. Il a appris, parfois dans la douleur, que la stabilité est une condition sine qua non de tout progrès. Cela ne veut pas dire que tout est parfait. Mais cela signifie qu’aucun avenir ne peut se construire sur les ruines d’une nation déstabilisée. La réforme est possible. Le dialogue aussi. Mais pas dans la haine, ni dans la destruction.
Nous appelons donc à la vigilance. À la lucidité. À la responsabilité. Il est temps que les jeunes sachent reconnaître les vrais combats des faux prophètes. Ceux qui appellent à mettre le feu ne viendront jamais éteindre les flammes. Ils n’auront ni les larmes des mères, ni le sang des victimes sur les mains. Mais ils auront contribué à déchirer un tissu social déjà fragile.
Le Togo a besoin d’unité, pas d’anarchie. De bâtisseurs, pas de saboteurs. Il est temps de dénoncer ces pyromanes pour ce qu’ils sont des ennemis de la paix, qui ne vivent pas les conséquences de leurs appels au désordre.
L’histoire retiendra ceux qui ont choisi de construire, malgré les difficultés. Pas ceux qui, de loin, auront tenté de tout démolir.
Gabriel BLIVI
