(La Nouvelle République)-À l’approche des élections municipales du 17 juillet 2025, le constat est implacable : l’opposition togolaise s’apprête à vivre un nouveau camouflet électoral, fruit d’une dispersion et d’une incapacité à s’unir face à la majorité présidentielle. La clôture du dépôt des candidatures a, une fois de plus, mis en lumière une opposition fractionnée, sans vision ni stratégie commune, annonçant ce qui pourrait bien être un échec cuisant.
Dans un contexte politique où la concurrence se joue désormais sur l’efficacité des alliances et la capacité à fédérer, l’opposition a préféré le morcellement. Aucun des grands partis, de l’ANC aux FDR en passant par le CAR ou la DMP, n’a réussi à transcender ses divergences pour bâtir des listes communes à l’échelle nationale. Cette fragmentation n’est pas qu’un détail tactique, c’est une faiblesse majeure qui risque de coûter cher aux forces de l’alternance.
Le temps manqué, les querelles intestines et l’absence d’une vision unifiée ont empêché la mise en place d’une coalition capable de peser dans les 117 communes. À l’inverse, la majorité présidentielle, plus structurée et organisée, pourra capitaliser sur cette division pour conforter son emprise locale.
Le refus ou l’incapacité à faire front commun ne signe pas seulement un échec électoral probable : elle révèle un malaise profond au sein de l’opposition, qui peine à incarner une alternative crédible et rassembleuse. Or, pour une démocratie vivante et équilibrée, une opposition forte et cohérente est une nécessité.
Ce constat doit servir d’électrochoc. Si l’opposition veut un jour peser réellement dans le paysage politique togolais, elle devra impérativement dépasser ses égos, ses calculs à court terme et construire un front uni, à la fois stratégique et programmatique.
Les élections municipales de 2025 ne sont pas seulement un test électoral, elles sont une mise en garde sévère. À ce rythme, la domination actuelle risque de se prolonger, au détriment d’un véritable pluralisme politique qui est l’essence même d’une démocratie apaisée et dynamique.
L’opposition togolaise a une responsabilité immense : se réinventer avant qu’il ne soit trop tard.
Gabriel BLIVI
