(La Nouvelle République)-Le « dégagisme » semble décidément avoir la peau dure dans le discours d’une partie de l’opposition togolaise. Depuis des lustres, le même ressort politique revient sous différentes formes, avec un objectif qui demeure constant, obtenir le départ du pouvoir en place.
Le 25 août 2026 à Lomé, lors de la présentation d’un mémorandum porté par des acteurs de l’opposition, de la société civile et de la diaspora, le professeur Komi Wolou a appelé à « mettre fin au régime actuel » et à instaurer une période de transition politique. Pour le secrétaire national du PSR, cette transition devrait ouvrir la voie à l’installation de nouvelles autorités sur la base de la souveraineté populaire.
Cette déclaration s’inscrit dans une longue tradition de contestation. Au fil des années, les appels au départ du pouvoir, les mobilisations et les revendications de rupture se sont multipliés, sans toutefois permettre à l’opposition d’obtenir l’alternance qu’elle réclame.
Le constat devrait pourtant pousser à l’introspection. Combien de fois encore faudra-t-il reprendre le même mot d’ordre sans modifier fondamentalement la stratégie ? Le départ du pouvoir en place peut constituer un objectif politique, mais il ne saurait tenir lieu à lui seul de projet de conquête du pouvoir.
À force de miser sur le « dégagisme », l’opposition risque de rester enfermée dans une logique de contestation permanente. Or elle gagnerait à réfléchir à de nouvelles méthodes, capables de transformer la contestation en véritable alternative politique.
Gabriel BLIVI
