(La Nouvelle République)-Les résultats provisoires des élections locales du 17 juillet dernier ont confirmé un recul important de l’Alliance Nationale pour le Changement (Seulement 51 sièges obtenus). Ce parti, longtemps présenté comme l’une des principales forces d’opposition au Togo, voit aujourd’hui son influence fortement diminuée, même dans le grand Lomé.
Cette dégringolade électorale relance les interrogations sur la stratégie adoptée par Jean-Pierre Fabre et son équipe, qui ont longtemps misé sur une ligne politique de rupture radicale sans compromis ni ajustement.
Depuis sa création, l’ANC s’est inscrite dans une posture de contestation permanente face au pouvoir. Refus de participer à certaines élections, boycott de l’Assemblée nationale, rejet des cadres de dialogue proposés. Autant de décisions qui, à défaut de produire un changement tangible, ont fini par isoler le parti sur la scène politique.
La figure de Jean-Pierre Fabre, longtemps perçue comme un pilier de l’opposition, semble elle aussi perdre de sa force symbolique. Son discours, resté figé dans le registre de la dénonciation, ne parvient plus à mobiliser comme auparavant. Pendant ce temps, de nouveaux acteurs politiques prennent de l’espace. Ils s’efforcent de conjuguer critique du régime et participation active aux institutions. Face à cette dynamique, l’ANC donne l’image d’un parti enfermé dans ses certitudes et incapable de se réinventer.
Ce nouvel échec électoral sonne comme un avertissement. À force de vouloir éviter le piège de la compromission, l’ANC semble avoir basculé dans une autre impasse, comme un navire cherchant à fuir Charybde pour mieux se jeter dans les griffes de Scylla.
Gabriel BLIVI
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