(La Nouvelle République)-Reçu dans l’émission D12 sur Pyramide FM, ce dimanche 14 décembre 2025, l’avocat togolais Jean Yaovi Degli s’est exprimé longuement sur l’actualité régionale, marquée par la tentative de coup d’État au Bénin, les relations entre États ouest-africains et la tenue du 9ᵉ Congrès panafricain à Lomé. Une intervention dense, mêlant analyse politique, rappel juridique et regard critique sur la gouvernance régionale.
Interrogé sur la localisation du lieutenant-colonel Pascal Tigri, présenté comme l’un des cerveaux du putsch manqué, l’invité a indiqué qu’aucune information fiable ne permettait de savoir où il se trouve. « Lorsqu’on organise un coup d’État, on a toujours un plan A, un plan B, un plan C », a-t-il expliqué, ajoutant qu’en cas d’échec, « on utilise le plan B et on se terre quelque part ». Pour lui, les rumeurs sur une présence au Togo ou ailleurs relèvent de la spéculation.
Sur une éventuelle extradition, Jean Yaovi Degli a rappelé les principes du droit international. « Les extraditions en matière politique ne sont pas acceptées », a-t-il affirmé, soulignant qu’Interpol « ne traque pas des gens sur la base de motifs politiques ». Selon lui, une tentative de coup d’État reste avant tout un acte politique, même si elle est menée par les armes, sauf lorsqu’elle est accompagnée de crimes graves ou de pertes en vies humaines.
Abordant la situation de la CEDEAO, l’homme politique a estimé que l’organisation traverse une crise profonde liée à ses propres insuffisances. Il a notamment dénoncé le fait que, par le passé, « on a laissé tripatouiller les constitutions sans rien dire », ce qui aurait contribué à la perte de crédibilité de l’institution et au départ de certains États aujourd’hui regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel.
Concernant l’intervention sécuritaire après la tentative de putsch, Jean Yaovi Degli a rappelé qu’un État ne peut intervenir chez un voisin sans y être invité. « Quand la case de ton voisin brûle, on ne se précipite pas sans qu’il fasse appel », a-t-il déclaré, précisant que, selon les informations disponibles, c’est le Nigeria qui aurait été sollicité par le Bénin dans le cadre de la force en attente de la CEDEAO.
Evoquant le 9ᵉ Congrès panafricain organisé à Lomé, l’invité a relativisé les polémiques liées à la tenue de l’événement au Togo. Il a estimé que l’absence de certaines figures médiatiques, dont Kémi Séba, ne remettait pas en cause la portée du panafricanisme. « Le panafricanisme ne se résume pas à une personne », a-t-il conclu, affirmant que ce courant « signifie aujourd’hui plus qu’hier », car porté par une prise de conscience croissante des peuples africains, en particulier de la jeunesse.
Gabriel BLIVI
Journaliste de formation, il s’intéresse particulièrement à l’actualité politique, économique et sociale, ainsi qu’aux enjeux de gouvernance, de développement et de changement climatique au Togo et en Afrique.
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