(La Nouvelle République)-Trop de femmes enceintes consultent encore un médecin beaucoup trop tard au Togo. Pour briser ce cercle vicieux, la Ligue Togolaise pour la Protection de l’Enfance (LTPE) a réuni, le vendredi 26 juin dernier, une centaine de leaders locaux et de chefs de quartiers du Golfe 1.
Cette session de formation s’inscrit dans le cadre du projet « Promotion de la survie du nouveau-né issu de familles défavorisées », soutenu financièrement par Medmissio. L’objectif est de transformer ces acteurs locaux en relais de terrain capables de convaincre les futures mères de se faire suivre dès les premières semaines. « Dès les premiers signes de grossesse, il est indispensable de se rendre dans un centre de santé », insiste la sage-femme Pascaline Wanou.
Sur le terrain, la consultation prénatale est trop souvent vue comme un recours d’urgence et non comme un réflexe préventif. Des professionnels de santé ont donc formé ces leaders à repérer les signes de danger. L’accent a particulièrement été mis sur le rôle des hommes. Le professeur Koffi Djadou, pédiatre, rappelle leur rôle crucial : « Ils doivent encourager et accompagner leurs épouses lors des consultations prénatales et échanger avec les professionnels de santé ».

Pour mener à bien cette mission, les chefs de quartiers sont repartis avec des bandes dessinées éducatives afin d’ouvrir le dialogue au cœur des ménages. Le ton est à la responsabilité collective. « Nous repartons avec la responsabilité de sensibiliser davantage les populations dans nos quartiers », confie Mr Yaovi Pierre, leader communautaire de Sossoukopé. La mairie du Golfe 1 a d’ailleurs promis de soutenir ces campagnes pour provoquer « un véritable changement de comportement ».
Cette initiative de la LTPE et de Medmissio vient compléter le volet médical du projet. Après avoir équipé les hôpitaux de Bè et d’Atakpamé en matériel d’oxygénothérapie pour les bébés en détresse respiratoire, l’organisation mise désormais sur la prévention. En responsabilisant les communautés et en installant des relais de proximité, elle espère ainsi attaquer le problème à la racine et éviter des drames à la naissance.
Gabriel BLIVI
