(La Nouvelle République)-L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) met en garde contre les effets d’une fiscalité trop permissive sur les boissons sucrées et l’alcool, qu’elle juge responsable d’une hausse évitable des maladies et des violences.
Dans des rapports publiés cette semaine, l’agence onusienne constate que, dans de nombreux pays, les taxes appliquées à ces produits n’ont pas suivi l’inflation ni la progression des revenus, les rendant de plus en plus accessibles, notamment pour les jeunes.
Cette accessibilité accrue se traduit, selon l’OMS, par une progression des maladies non transmissibles telles que l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires et certains cancers. À ces pathologies s’ajoutent les blessures et les violences liées à la consommation d’alcool, qui alourdissent la charge pesant sur les systèmes de santé. « La fiscalité est l’un des leviers les plus efficaces de prévention », souligne le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui plaide pour un recours accru aux taxes sanitaires.
L’organisation pointe également un déséquilibre entre les profits générés par les industries concernées et les recettes publiques perçues. Les niveaux de taxation restent faibles et souvent incomplets, laissant de nombreux produits riches en sucre hors du champ fiscal et maintenant des prélèvements limités sur l’alcool. « Lorsque l’alcool devient plus abordable, les violences et les blessures augmentent », avertit Etienne Krug, responsable des déterminants de la santé à l’OMS.
Face à ces constats, l’OMS appelle les gouvernements à revoir en profondeur leurs politiques fiscales dans le cadre de son initiative « 3 d’ici 2035 », qui vise à rendre progressivement moins accessibles le tabac, l’alcool et les boissons sucrées. L’organisation rappelle que cette approche bénéficie d’un soutien de l’opinion publique dans de nombreux pays et qu’elle constitue, selon elle, un choix déterminant pour réduire des dommages sanitaires et sociaux largement évitables.
Gabriel BLIVI
