(La Nouvelle République)- « Le Togo dénombre à la date du 25 mai 2025, au total 8 cas positifs de MPOX. La surveillance des personnes contacts est toujours en cours », a déclaré Pr Anoumou Yaotsè Dagnra, Professeur agrégé de bactériologie et de virologie à l’Université de Lomé, Chef du service de microbiologie du CHU Sylvanus Olympio de Lomé et Coordonnateur du comité de riposte MPOX au Togo. Les autorités sont en alerte. Face à la menace, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a renforcé la surveillance épidémiologique, mis en place une prise en charge adaptée et lancé une campagne de sensibilisation pour inciter la population à adopter les bons gestes de prévention.
Selon le coordonnateur du comité de riposte Pr Anoumou Yaotsè Dagnra, Professeur agrégé de bactériologie et de virologie à l’Université de Lomé, la mpox, causée par l’orthopoxvirus simien, se transmet principalement par contact direct avec une personne infectée, bien que la transmission via des objets contaminés ou des animaux infectés soit également possible. « Cette maladie se manifeste souvent par une éruption cutanée douloureuse et persistante, accompagnée de symptômes tels que fièvre, maux de tête, et adénopathies, gonflements pathologiques d’un ou plusieurs ganglions du système lymphatique, l’un des principaux moyens de défense de l’organisme », souligne-t-il.
Quand bien même la variole du singe est mortelle avec un cas sur dix, et n’épargne personne, cette affection guérit en général spontanément et les symptômes ne durent que 2 à 4 semaines.
Les formes graves, évoque le Pr Anoumou Yaotsè Dagnra, pouvant entraîner des complications comme des infections pulmonaires ou cérébrales, sont particulièrement redoutées chez les personnes immunodéprimées, les enfants, et les femmes enceintes. Le spécialiste précise que le taux de létalité de la variole du singe a toujours varié de 0 à 11% dans la population générale, avec des chiffres plus élevés chez les jeunes enfants et ces derniers temps, le taux de létalité est d’environ 3 à 6%.
Modes de transmission et prévention
« La transmission interhumaine reste prédominante, notamment à travers un contact direct avec des lésions cutanées et lors les relations sexuelles. Le virus peut aussi survivre sur des surfaces contaminées, augmentant ainsi le risque d’infection par des objets du quotidien », fait savoir le spécialiste. Des précautions strictes, telles que le lavage des mains et la désinfection des surfaces, sont essentielles pour réduire la propagation.
La possibilité de transmission de l’homme à l’animal, bien que rare, a été rapporté au sein de ménages, mais il s’agit d’un sujet qui nécessite une étude approfondie.
Mesures de protection et traitements
Les efforts pour contenir la maladie incluent la sensibilisation aux symptômes de la mpox et la promotion de pratiques préventives. L’OMS recommande l’isolement strict des personnes infectées jusqu’à guérison complète. « Bien qu’il n’existe pas de traitement spécifique universellement disponible, des antiviraux comme le técovirimat offrent une lueur d’espoir dans le traitement des formes graves de la maladie », rassure Pr Anoumou Yaotsè Dagnra.
Vaccination
En matière de prévention, des vaccins développés contre la variole ont été adaptés pour lutter contre la mpox. Les campagnes de vaccination ciblées sont préconisées pour les personnes à haut risque, bien que la vaccination de masse ne soit pas encore envisagée. « Malgré la vaccination, il est crucial de continuer à appliquer des mesures préventives, car l’immunité acquise met du temps à se développer et n’est pas garantie pour tous. Dès l’apparition des signes ou soupçons de ces signes précités, il faut qu’on se rende dans un centre de santé pour une prise en charge complète », alerte-t-il. Le plus tôt, on consulte et on isole la personne, cela permet d’éviter la propagation.
A.O
