(La Nouvelle République)-L’Autorité nationale pour l’interdiction des armes chimiques (ANIAC-Togo) a organisé, ce mardi 21 avril 2026 à son siège à Lomé, une cérémonie commémorative marquant le 29ᵉ anniversaire de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques (CIAC).
Placée sous le thème « Synergie d’actions autour de la lutte contre la prolifération des produits chimiques toxiques », cette initiative s’inscrit dans le cadre des activités internationales coordonnées par Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, visant à promouvoir la sécurité chimique et à rappeler les engagements des États parties.
La commémoration a réuni divers acteurs publics et privés impliqués dans la gestion des produits chimiques, notamment des représentants d’entreprises, des structures d’import-export, des associations de la zone franche ainsi que des partenaires institutionnels, dont Office des Nations Unies contre la drogue et le crime.
Dans son mot de circonstance, le Vice-Président de l’ANIAC-Togo, le professeur Koriko Moursalou, a rappelé que les dégâts causés par les armes chimiques ont conduit la communauté internationale à les « bannir et interdire formellement ». Il a souligné que la CIAC constitue une réponse à ces menaces en encadrant strictement l’usage des substances chimiques.
Dans son allocution, il a attiré l’attention sur la perception erronée de certains acteurs concernant les produits chimiques. « Certains estiment à tort que les produits qu’ils manipulent ne sont pas des substances chimiques », a-t-il indiqué, citant des exemples tels que les acides, le mercure ou encore le cyanure, qui présentent pourtant des risques élevés pour la santé et l’environnement.
Le professeur Koriko a également évoqué les usages historiques des substances chimiques à des fins destructrices, depuis l’Antiquité jusqu’à leur emploi massif lors de la Première Guerre mondiale. Ces précédents illustrent, selon lui, la nécessité d’une vigilance constante et d’une régulation internationale renforcée.
Abordant les usages contemporains, il a précisé que certains agents chimiques, notamment les agents lacrymogènes, peuvent être utilisés dans le cadre du maintien de l’ordre en temps de paix, mais restent interdits en situation de guerre conformément à la convention.
Dans un contexte marqué par la multiplication des risques liés à l’utilisation, au stockage et au détournement des produits chimiques, l’ANIAC-Togo a rappelé que la gestion responsable de ces substances constitue un impératif stratégique. Le Vice-Président a particulièrement insisté sur les dangers liés aux mauvaises pratiques, notamment dans les ménages et les petites activités économiques.
« Nous sommes un pays consommateur de produits chimiques ; nous ne pouvons qu’agir dans la prévention », a-t-il affirmé, appelant à une meilleure connaissance des risques et à une utilisation conforme des produits. Il a notamment mis en garde contre l’usage domestique inapproprié de substances comme la soude caustique, souvent manipulées sans précautions adéquates.
Le responsable a par ailleurs encouragé l’utilisation d’outils d’identification des produits chimiques, notamment les étiquetages et pictogrammes, permettant de reconnaître les dangers physico-chimiques, sanitaires et environnementaux.
Adoptée le 29 avril 1997 et ratifiée par 193 États, la CIAC vise l’élimination des armes chimiques, la prévention de leur réapparition et la promotion de l’usage pacifique de la chimie au service du développement. Elle encourage également la coopération internationale en matière de sûreté et de sécurité chimiques.
À travers cette commémoration, l’ANIAC-Togo entend renforcer la sensibilisation des acteurs industriels et institutionnels, promouvoir les bonnes pratiques de gestion des substances chimiques et consolider la coordination nationale face aux menaces liées à leur prolifération.
Notons que cette journée a également servi de cadre d’échanges sur les bonnes pratiques en matière d’utilisation et de gestion des produits chimiques, tout en mettant en avant la nécessité d’une collaboration accrue entre les autorités nationales et les acteurs du secteur.
Gabriel BLIVI
