(La Nouvelle République)- Influenceurs, journalistes et activistes venus d’Afrique et de la diaspora se sont rassemblés au siège de l’Union africaine pour le Forum de Haut Niveau des Influenceurs sur une Afrique Sans Frontières, organisé à l’occasion du 141ᵉ anniversaire de la Conférence de Berlin.
Pendant deux jours, ils ont échangé sur la libre circulation des personnes et des biens, la modernisation des systèmes frontaliers et la nécessité de dépasser l’héritage colonial, dans le but d’imaginer un continent où les frontières ne limiteraient plus ni le commerce ni la mobilité.

Selon l’Association Internationale du Transport Aérien (IATA), les systèmes frontaliers et de visas obsolètes pourraient coûter à l’Afrique 80 milliards de dollars de gains économiques potentiels. Pour les participants, il ne s’agit pas seulement de chiffres mais de liberté et d’identité.
Hardi Yakubu, coordinateur d’Africans Rising, a lancé un appel fort : « Nous ne pouvons plus nous plaindre de ce qu’a fait la Conférence de Berlin il y a 141 ans alors que nous avons le pouvoir de défaire ce que 13 hommes ont décidé. Nous ne voulons plus accepter qu’après 141 ans, les Africains doivent payer en dollars pour venir en Éthiopie, siège de l’Union africaine. »
Les participants ont signé la Déclaration d’Addis-Abeba des Influenceurs pour une Afrique Sans Frontières, remise à S.E. Amb. Robert Afriyie, ambassadeur du Ghana : « La difficulté n’est pas l’impossibilité. Les réparations nous rappellent que la justice est difficile, mais jamais hors de portée. » Il a ajouté : « L’Afrique doit raconter ses propres histoires à travers ses propres lentilles. Lorsque nous possédons le récit, nous reprenons notre pouvoir. »

Le forum a également annoncé la création du Fonds pour une Afrique Sans Frontières, destiné à soutenir les campagnes de sensibilisation et les initiatives continentales. Rocky Dawuni, musicien ghanéen, a rappelé : « L’Afrique a la diversité et la créativité pour peupler des millions de nouveaux mondes. Pourtant, notre plein potentiel reste non réalisé, attendant que nous le manifestions. »
Les participants ont réaffirmé leur engagement à défendre la libre circulation, à promouvoir le commerce intra-africain et à valoriser les récits africains positifs. Pour soutenir cette vision, le public peut signer la pétition sur www.africansrising.org.
Gabriel BLIVI
