(La Nouvelle République)-Aux grands carrefours urbains, les vendeurs ambulants aux feux tricolores profitent de l’arrêt momentané des véhicules pour proposer leurs marchandises. Eau glacée, fruits, friandises ou objets du quotidien circulent ainsi entre les voitures, au prix d’un danger permanent pour ces acteurs de l’économie informelle.
A Lomé, la capitale particulièrement, chaque jour, ces commerçants de rue s’exposent à des risques élevés. Ils circulent entre des voitures, des motos et des bus, souvent dans un espace réduit et sous une forte pression temporelle. « On sait que c’est dangereux, mais on n’a pas le choix. Il faut bien nourrir la famille », confie Moussa, vendeur de porte-clés à un carrefour très fréquenté de la capitale.
Le passage brutal du feu rouge au vert peut transformer la chaussée en zone à haut risque. Un conducteur inattentif, un démarrage précipité ou un changement de voie imprévu peuvent provoquer un accident. « Parfois, les voitures démarrent alors qu’on est encore au milieu. On a juste le temps de courir », raconte Aïssata, vendeuse de friandises, visiblement habituée à cette course contre la montre.
La situation est d’autant plus critique que la plupart de ces vendeurs travaillent sans aucune protection. Pas de gilets réfléchissants, pas de signalisation, et souvent des charges encombrantes qui réduisent leur mobilité. Pour certains usagers de la route, la présence des vendeurs constitue également une source d’inquiétude. « On a peur de les heurter, surtout quand la circulation est très dense. Un accident peut arriver très vite », témoigne un automobiliste interrogé à un feu tricolore.
Pour ces vendeurs ambulants, les feux tricolores représentent des points stratégiques où la clientèle est captive, même pour quelques secondes. Le choix de cet espace n’est donc pas anodin, il répond à une logique de survie économique plus qu’à une volonté de braver le danger.
En attendant des solutions durables, chaque feu rouge demeure pour ces vendeurs un moment critique, où la recherche du pain quotidien se joue au milieu des véhicules, au prix d’un risque constant.
Gabriel BLIVI
