(La Nouvelle République)-Une organisation allemande spécialisée dans les droits humains, le Centre européen pour les droits constitutionnels et humains (ECCHR), a saisi la justice française pour dénoncer l’implication de TotalEnergies dans des exactions au Mozambique. La plainte vise le projet Mozambique LNG, interrompu en 2021 après une attaque de groupes armés dans la ville de Palma.
L’ECCHR accuse le groupe pétrolier de soutenir la Joint Task Force (JTF), unité de l’armée mozambicaine, qui aurait infligé violences et détentions illégales à des civils autour du site. Des documents internes révèlent que TotalEnergies aurait fourni des ressources et des primes aux forces locales, tout en ayant connaissance des risques de violations des droits humains.
Ces allégations avaient été diffusées par des médias internationaux en 2024, mais l’entreprise les conteste. TotalEnergies prévoit la reprise du projet à l’horizon 2029, sous réserve de l’accord des autorités locales sur les compensations financières liées aux retards. Parallèlement, des enquêtes ont été ouvertes au Mozambique et en France pour faire la lumière sur ces incidents.
L’ONG s’appuie sur de nouveaux éléments obtenus auprès d’autorités néerlandaises, confirmant que les risques avaient été identifiés dès 2020. Elle demande au parquet national antiterroriste l’ouverture d’une enquête préliminaire afin d’examiner la responsabilité du groupe.
Gabriel BLIVI
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