(La Nouvelle République)-L’Afrique devrait installer un record de 17 gigawatts (GW) de capacité solaire en 2026, soit une hausse de 45 % en un an. C’est ce que révèle une analyse publiée le 27 août 2026 par le centre de réflexion britannique Ember et l’African Tech Futures Lab.
Cette progression constituerait une troisième année consécutive de record. Au total, 36 des 54 pays africains devraient atteindre cette année leur plus haut niveau d’installation solaire.
23 TWh d’électricité en plus
Les nouvelles installations pourraient produire environ 23 térawattheures (TWh) d’électricité par an. Ce volume correspond à peu près à la croissance annuelle moyenne de la demande d’électricité enregistrée sur le continent au cours de la dernière décennie.
Plusieurs pays affichent des progressions particulièrement fortes. La RDC devrait enregistrer une hausse de 544 %, devant le Zimbabwe avec 282 % et l’Égypte avec 176 %.
Le solaire décentralisé progresse
L’essor du solaire repose largement sur les installations décentralisées, notamment les systèmes photovoltaïques sur les toitures. Ce segment aurait représenté environ 75 % des nouvelles capacités solaires installées entre 2023 et 2025.
Cette réalité reste cependant difficile à mesurer. Une partie importante des installations n’apparaît pas encore dans les statistiques officielles, ce qui pourrait conduire à sous-estimer l’ampleur réelle du boom solaire africain.
Une forte dépendance aux importations
Le développement du solaire reste par ailleurs fortement dépendant de la Chine. Environ 94 % des panneaux solaires installés en Afrique en 2026 devraient provenir de ce pays.
Dans le même temps, la capacité africaine de fabrication de panneaux devrait quadrupler pour atteindre environ 3,5 GW. Pour Ember et l’African Tech Futures Lab, le défi consiste désormais à accompagner cette croissance par des investissements dans les réseaux, les capacités industrielles et la collecte des données.
Le solaire apparaît ainsi comme l’un des moteurs de la transformation énergétique africaine. Avec 17 GW attendus en 2026, le continent confirme son potentiel, tout en devant relever le défi de l’intégration de ces nouvelles capacités dans des réseaux électriques encore fragiles.
Gabriel BLIVI
