(La Nouvelle République)- Au Togo, le harcèlement sexuel en milieu scolaire continue d’avoir pignon sur rue. Sur les réseaux sociaux, les témoignages se multiplient et choquent. Et pour beaucoup d’élèves, le danger ne vient pas seulement des camarades, mais aussi de certains enseignants.
TikTok, Facebook et WhatsApp dévoilent des vidéos et publications où des élèves racontent humiliations, pressions et avances sexuelles subies de la part d’adultes censés les protéger. « J’avais peur de venir en classe », confie une lycéenne de Lomé. « Ma mère m’a dit de dénoncer, mais je doute que quelque chose change. »
Ces plateformes offrent un espace de parole aux victimes et mettent en lumière des pratiques longtemps cachées, alertant parents, associations et autorités scolaires sur l’ampleur du problème.
Contrairement aux idées reçues, ce sont parfois des enseignants qui harcèlent sexuellement leurs élèves. Les pressions psychologiques, les remarques déplacées et les comportements inappropriés se multiplient, soulevant la question de la formation des enseignants et du suivi disciplinaire dans les établissements.
Des associations appellent à des mesures concrètes notamment la création des cellules d’écoute dans les écoles, la formation des enseignants à des méthodes pédagogiques respectueuses et adopter des sanctions fermes contre tout harcèlement sexuel, qu’il vienne des élèves ou du corps enseignant.
Le harcèlement sexuel scolaire au Togo n’est pas nouveau, mais aujourd’hui la parole des victimes se fait entendre et les réseaux sociaux pourraient marquer un tournant. Il est urgent que la société entière protège ses élèves et crée un environnement scolaire sûr, respectueux et exempt de violences sexuelles.
Gabriel BLIVI
