(La Nouvelle République)-Le football africain est à un tournant. Porté par des millions de supporters, des talents d’exception et une passion populaire sans égale, le continent dispose pourtant de l’un des secteurs sportifs les plus sous-exploités du monde. Le Consortium COVI TRANS-NEDEL-CRICIUMA entend changer cette réalité en proposant une vision audacieuse : transformer le football africain en une véritable industrie au service du développement socio-économique.
Un potentiel immense, encore inexploité
L’Afrique compte plus d’un milliard trois cents millions d’habitants, dont plus de 60 % ont moins de 25 ans. Cette jeunesse vibre au rythme du ballon rond. De Lagos à Dakar, de Kinshasa à Abidjan et Lomé, le football est bien plus qu’un sport : c’est une langue commune, un vecteur d’identité et un espace de rêve collectif. Pourtant, l’essentiel des revenus générés par les talents africains enrichit des clubs et des ligues étrangères, pendant que les infrastructures locales restent vétustes, les académies sous-financées et les compétitions continentales peu visibles à l’échelle mondiale.
Ce paradoxe n’est ni une fatalité ni une malédiction. C’est le symptôme d’une absence de vision industrielle structurée autour du football.
La vision du Consortium : structurer, investir, rayonner
Le Consortium COVI TRANS-NEDEL-CRICIUMA propose une approche intégrée fondée sur trois piliers fondamentaux. Le premier pilier est de structurer des centres d’entraînement de haut niveau et des académies de formation dans chaque pays membre. Ces infrastructures ne seront pas de simples équipements sportifs : elles deviendront des pôles économiques générant des emplois directs et indirects, des flux touristiques et des revenus durables pour les collectivités locales.
Le deuxième pilier concerne la valorisation du capital humain. Le football africain regorge de talents bruts qui méritent un cadre professionnel à la hauteur de leur potentiel. Le Consortium s’engage à financer des programmes de détection précoce, de formation technique, de développement personnel et d’accompagnement vers le haut niveau. L’objectif est de retenir et de valoriser davantage de joueurs sur le continent avant leur exportation, tout en formant parallèlement des entraîneurs, arbitres, managers et techniciens africains.
Le troisième pilier porte sur la création d’un écosystème économique autour du football. Droits télévisuels, sponsoring, merchandising, tourisme sportif, paris légaux, numérique, l’hôtellerie, e-sport. Et sans oublier la commercialisation des maillots, des équipements, les services événementiels, la sécurité et la logistique qui constituent des sources de revenus considérables encore trop peu développées en Afrique.
Le Consortium entend fédérer des acteurs publics et privés pour bâtir cet écosystème, attirer des investisseurs internationaux et positionner l’Afrique comme un marché footballistique de premier plan dans les années à venir.
C’est bien cette ambition qui est illustrée par la 4ème édition du tournoi de football « Miwonovi » qui a servi de cadre de jeu pour détecter des jeunes talents togolais (U17 et U23) pour leur professionnalisation dans une académie au Brésil (Criciúma Esporte Clube) suivi de leur transfert dans des pays européens et en Amérique latine. Le projet a été officiellement lancé par le représentant de l’équipementier NEDEL en Afrique, Kovi Akouétè Adanbounou, le 11 mars sur le terrain de la Jeunesse club d’Agoè-Nyivé(Togo). Il se poursuit après les finales par des entraînements préparatifs du lancement de ladite académie.

Le football comme levier de cohésion sociale
Au-delà des chiffres et des infrastructures, le Consortium COVI TRANS-NEDEL-CRICIUMA croit profondément en la dimension sociale du football. Un jeune qui pratique le football dans de bonnes conditions, qui est encadré, orienté et valorisé, c’est un jeune arraché à la précarité, à l’errance et au désespoir. C’est une famille qui croit en l’avenir. C’est une communauté qui se soude autour d’un projet commun.
Dans des pays où le chômage des jeunes atteint des niveaux alarmants, investir dans le football professionnel et semi-professionnel, c’est investir dans la stabilité sociale. C’est créer des perspectives là où il n’en existe pas assez.
Une ambition continentale, un engagement concret
Cette vision n’est pas un idéal lointain. Elle s’appuie sur des partenariats stratégiques, des financements mobilisables et une gouvernance rigoureuse. Le Consortium entend travailler main dans la main avec les fédérations nationales, la Confédération Africaine de Football, les gouvernements, les collectivités locales et la société civile pour faire du football un moteur de développement durable, inclusif et souverain.
L’heure n’est plus aux discours : elle est à l’action. L’Afrique a tout ce qu’il faut pour devenir une puissance footballistique mondiale et en tirer des bénéfices économiques et sociaux concrets.
Eli GOKA (La Nouvelle République)
