(La Nouvelle République)-Inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2004, le site culturel de Koutammakou est situé dans la région de la Kara, au nord du Togo. Ce paysage culturel exceptionnel est reconnu pour la richesse de son architecture en terre et pour les traditions vivantes des communautés batammariba qui y résident depuis des siècles.
Koutammakou se distingue par ses habitations fortifiées, connues sous le nom de takienta, véritables œuvres d’ingénierie traditionnelle. Ces constructions, conçues en harmonie avec l’environnement, traduisent une organisation sociale et spirituelle profondément ancrée dans le quotidien des populations locales, faisant du site un patrimoine à la fois matériel et immatériel.
Aujourd’hui, ce site emblématique fait face aux effets combinés du temps, des conditions climatiques et de certaines pressions humaines. Pour répondre à ces défis, des travaux de réhabilitation ont été engagés pour une durée de deux mois et demi, par la Commission nationale du patrimoine culturel (CNPC), afin de renforcer les structures fragilisées et de préserver l’intégrité architecturale du paysage culturel.
Les opérations en cours portent notamment sur la restauration des murs en terre, la consolidation des toitures et l’entretien des espaces communautaires. Ces interventions sont réalisées selon des méthodes traditionnelles, avec la participation des habitants, garantissant ainsi le respect de l’authenticité et des savoir-faire ancestraux transmis de génération en génération.
Au-delà de la sauvegarde du patrimoine, cette réhabilitation vise également à valoriser le potentiel touristique et culturel du site. Koutammakou représente un atout majeur pour le développement local, en favorisant un tourisme responsable qui contribue à l’économie des communautés tout en respectant leur mode de vie.
« La réhabilitation de ce site revêt une importance particulière en raison de sa valeur touristique et de sa portée symbolique pour la conscience collective. Sa réouverture permettra de générer des revenus supplémentaires pour le service de conservation du Koutammakou », a indiqué Natta N’Poh Labounamah, secrétaire général de la CNPC, cité par nos confrères de republicoftogo.
Notons que l’enjeu pour les autorités culturelles et les populations locales est également de maintenir ce paysage culturel vivant, témoin de l’identité du nord du Togo, tout en assurant sa transmission aux générations futures dans le respect des standards internationaux de conservation.
Gabriel BLIVI
