(La Nouvelle République)-Réunis à Lomé le 16 juin 2026 à l’occasion de la Convention et Exposition africaines du transport aérien (CAFAC 2026), les ministres africains en charge des transports et de l’aviation ont adopté une Déclaration ministérielle visant à accélérer la mise en œuvre du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA/SAATM). Le texte entend lever les principaux freins à la connectivité aérienne sur le continent et promouvoir un espace aérien plus intégré.
Les participants ont réaffirmé leur attachement à la Décision de Yamoussoukro, considérée comme le socle juridique de la libéralisation du transport aérien intra-africain. Ils ont également rappelé le rôle stratégique du MUTAA dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine, en tant que cadre destiné à transformer les engagements politiques en résultats concrets pour les populations.
La Déclaration souligne que le développement de l’aviation africaine reste limité par plusieurs contraintes structurelles, notamment la mise en œuvre partielle du MUTAA, la pression fiscale sur les billets d’avion, les restrictions d’accès aux marchés, les exigences de visas et les insuffisances des infrastructures aéroportuaires et institutionnelles. Face à ces défis, les États s’engagent à renforcer l’harmonisation des politiques aériennes et à améliorer la coordination entre administrations compétentes.
Le texte accorde une attention particulière à la question du coût du transport aérien. Les ministres annoncent leur volonté de revoir les taxes, redevances et frais jugés élevés afin de rendre les billets plus accessibles. Cette démarche vise également à soutenir le développement de corridors aériens prioritaires en lien avec les secteurs du commerce, du tourisme, de l’agriculture et de la logistique dans le cadre de la ZLECAf.
Sur le plan de la facilitation, la Déclaration recommande des réformes portant sur les visas à l’arrivée, les visas électroniques, la gestion des frontières fondée sur l’analyse des risques et la digitalisation des procédures de voyage. Elle encourage également des investissements renforcés dans les aéroports, le fret aérien, la navigation aérienne et les infrastructures numériques, avec l’appui des partenaires techniques et du secteur privé.
Les ministres souhaitent par ailleurs inscrire l’aviation africaine dans une trajectoire de modernisation durable. Le document met en avant la promotion des carburants d’aviation durables, la modernisation des systèmes de gestion du trafic aérien, la transformation numérique et le renforcement des capacités humaines dans le secteur.
La CAFAC est appelée à jouer un rôle central dans la mise en œuvre du MUTAA. À cet effet, un mécanisme intitulé « Engagement de Solidarité CAFAC 2026-2028 » a été lancé afin de mobiliser ressources financières, expertise technique et appui institutionnel pour accompagner les réformes continentales.
La Déclaration se projette également vers la Septième Conférence mondiale du transport aérien de l’OACI, prévue à Montréal en novembre 2026. L’Afrique entend y défendre une position commune sur la libéralisation du marché, le financement des infrastructures, la régulation du secteur et la protection des passagers.
Enfin, les ministres ont salué le rôle du Togo en tant que pays hôte de la CAFAC 2026 et rendu hommage au Champion du MUTAA pour son engagement en faveur de l’intégration du transport aérien africain. La Déclaration est présentée comme une feuille de route commune destinée à renforcer la connectivité, stimuler les échanges et soutenir le développement économique du continent.
Gabriel BLIVI
Lire l’intégralité de la Déclaration ministérielle de Lomé ici
Journaliste de formation, il s’intéresse particulièrement à l’actualité politique, économique et sociale, ainsi qu’aux enjeux de gouvernance, de développement et de changement climatique au Togo et en Afrique.
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