La Nouvelle République) –Le Togo poursuit sa stratégie de développement du transport aérien en engageant une réforme de ses redevances administratives. Annoncée à Lomé lors de la première réunion du Comité de supervision économique du transport aérien de la CEDEAO (ECATEOC), cette décision prévoit une réduction de plus de 90 % des frais liés à l’installation des compagnies aériennes. Elle s’inscrit dans l’ambition des autorités de renforcer l’attractivité de la plateforme aéroportuaire de Lomé et de consolider sa position comme hub régional.
Selon le directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC), le Colonel Idrissou Abdou Ahabou, les frais d’installation, qui avoisinaient auparavant 200 millions de FCFA, sont désormais ramenés à 3,5 millions de FCFA. « Comparée aux 25 % préconisés par la CEDEAO sur les redevances passagers, le Togo est déjà allé très loin », a-t-il souligné, mettant en avant la volonté du pays d’offrir un environnement plus compétitif aux transporteurs aériens.
Une réforme à portée stratégique
Au-delà de la baisse des coûts d’installation, cette réforme s’inscrit dans une révision plus globale de plusieurs redevances liées aux activités aéronautiques. Elle accompagne la volonté des autorités de simplifier l’environnement réglementaire du secteur, de faciliter l’implantation de nouveaux opérateurs et de renforcer les capacités nationales en matière de certification, de navigabilité, d’immatriculation des aéronefs et d’autres services techniques relevant de l’aviation civile.
En améliorant son cadre réglementaire et économique, le Togo entend également créer les conditions favorables au développement d’un écosystème aéronautique plus dynamique. L’arrivée de nouveaux opérateurs pourrait, à terme, soutenir l’essor d’activités connexes telles que la maintenance aéronautique, les services spécialisés ou la formation des métiers de l’aviation, tout en renforçant l’attractivité de la destination pour les investisseurs.
Une ambition continentale
Cette initiative s’inscrit dans la vision portée par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, désigné Champion du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA) par l’Union africaine. Elle reflète la volonté du Togo de contribuer à une meilleure intégration du transport aérien sur le continent, en facilitant la mobilité des personnes et des biens ainsi que les échanges économiques.
La réforme prolonge également les engagements réaffirmés lors de la Convention et Exposition africaines du transport aérien récemment organisées à Lomé. En combinant réformes réglementaires, amélioration de la compétitivité et coopération régionale, le Togo confirme son ambition de faire de l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma une plateforme de référence en Afrique de l’Ouest.
Pour rappel, le paysage aérien togolais est animé par plusieurs compagnies de référence, notamment ASKY Airlines, Ethiopian Airlines, Air France, Air Côte d’Ivoire, Brussels Airlines, Royal Air Maroc, Air Burkina et Ceiba Intercontinental, dont la présence contribue à renforcer le rôle de Lomé comme une plateforme aérienne stratégique reliant le Togo à l’Afrique, à l’Europe et au reste du monde.
Gabriel BLIVI
