(La Nouvelle République)-Depuis quelques temps l’ancienne ministre des Armées Marguerite Gnakadé multiplie les invectives à l’encontre du pouvoir de Lomé. Elle s’affiche désormais en soutien aux activistes qui annoncent de futures manifestations sur le 30 août prochain. Ses prises de parole relayées sur les réseaux sociaux veulent donner l’image d’un retournement politique majeur. Mais en réalité tout cela ressemble davantage à une tempête dans un verre d’eau.
Voir une ex-ministre prendre ses distances avec le régime de Faure Gnassingbé peut sembler marquant. Pourtant le poids réel de ces déclarations reste faible et leur impact politique davantage symbolique que concret. Le pouvoir solidement n’a rien à craindre d’une rhétorique isolée qui pour l’heure ne s’appuie sur aucune force sociale ou organisationnelle structurée.
Il est intéressant de se demander pourquoi d’anciens responsables choisissent le registre de la dénonciation publique une fois sortis du cercle du pouvoir. S’agit-il d’une stratégie de revanche personnelle d’une volonté de se replacer dans l’opinion ou simplement d’une agitation destinée à exister politiquement. Ces éclats verbaux soulèvent plus de questions sur les motivations individuelles que sur la solidité de l’État.
Réduire le débat politique à ces déclarations serait une erreur. Le Togo affronte des défis bien plus urgents comme la relance économique la gouvernance et la sécurité régionale. C’est sur ces terrains que l’on mesurera la force du régime et non dans les tempêtes fussent-elles bruyantes que Madame Gnakadé tente d’agiter dans un verre d’eau.
Gabriel BLIVI
