(La Nouvelle République)-Depuis plusieurs semaines, un vent de provocation souffle depuis l’extérieur sur le Togo. De l’autre côté des frontières, bien à l’abri derrière leurs écrans, certains pseudos-activistes de la diaspora s’arrogent le droit d’enflammer un pays qu’ils ne vivent plus au quotidien. Leurs appels à l’insurrection, ciblant les 26, 27 et 28 juin, sont lancés sans cadre légal, sans stratégie viable, et sans égard pour les conséquences directes sur les populations locales.
Ces incitations à la révolte ne sont pas l’expression d’un engagement patriotique, mais bien d’une entreprise de déstabilisation orchestrée à distance. Quand on vit hors du pays, qu’on ne subit ni les violences potentielles ni les effets d’un climat d’instabilité, il est aisé d’appeler à « tout casser ». Mais pendant ce temps, ceux qui sont sur le terrain notamment les commerçants, travailleurs, familles, élèves, sont ceux qui risquent de tout perdre.
Il ne s’agit pas ici de nier les frustrations ni de rejeter le droit à l’expression. Il s’agit de dénoncer la méthode, celle d’une agitation virtuelle sans racine populaire, un discours incendiaire déconnecté des réalités nationales, un militantisme sans responsabilité. Dans cette stratégie, il n’y a ni projet politique, ni vision, ni respect des institutions. Juste un pari risqué sur le chaos, dont personne ne peut prédire les limites une fois déclenché.
Souffler sur les braises d’un peuple en tension est une posture facile quand on ne marche jamais sur les cendres. C’est pourquoi il est légitime de questionner les véritables intentions de ces voix extérieures qui se donnent pour mission de « libérer » un pays sans même respecter ses lois ni ses équilibres internes. Le Togo, comme toute nation, a besoin de critiques constructives, de propositions crédibles, et de débats ouverts. Pas d’incendies provoqués à distance.
Il revient aujourd’hui aux Togolais de trier l’engagement sincère de la manipulation intéressée. Car si le droit de revendiquer est sacré, celui de préserver la paix sociale l’est tout autant. Et ceux qui, depuis l’étranger, rêvent de faire du Togo un champ de ruines médiatiques, devront répondre un jour non pas aux tribunaux, mais à l’Histoire.
Gabriel BLIVI
