(La Nouvelle République)-La transition écologique du transport aérien africain s’impose désormais comme une priorité continentale. Réunis à Lomé à l’occasion de la Convention et Exposition africaines du transport aérien 2026, les ministres africains ont inscrit la durabilité au cœur de la Déclaration ministérielle adoptée le 16 juin. Ce rendez-vous est présenté comme un point de départ structurant pour accélérer la transformation environnementale et technologique du secteur.
La Déclaration engage les États à soutenir le développement et l’adoption des carburants d’aviation durables (SAF) ainsi que des carburants à faible teneur en carbone (LCAF). L’ambition est de réduire progressivement l’empreinte carbone de l’aviation tout en accompagnant la croissance du trafic aérien sur le continent, dans un contexte de forte demande de connectivité.
Au-delà des engagements généraux, les ministres appellent à la mise en place de cadres politiques adaptés pour structurer des chaînes d’approvisionnement durables, renforcer les mécanismes de certification et favoriser l’émergence de centres régionaux de production et d’agrégation de carburants alternatifs. L’objectif est de bâtir une filière africaine intégrée autour des énergies propres pour l’aviation.
Le sommet de Lomé est ainsi présenté comme un point de départ opérationnel d’une nouvelle phase pour le secteur. Les États souhaitent transformer les engagements climatiques en projets concrets, intégrés aux stratégies nationales de transport aérien et aux politiques de développement économique, afin de faire de la transition énergétique un levier de compétitivité.
La Déclaration insiste également sur la modernisation technologique du secteur, avec la promotion de la transformation numérique, des systèmes de gestion du trafic aérien plus performants, et du déploiement de technologies avancées dans les aéroports et le fret. Les systèmes d’aéronefs sans pilote (UAS) et la mobilité aérienne avancée sont également intégrés dans cette dynamique d’innovation.
Enfin, les ministres estiment que cette transition ne pourra réussir sans un investissement massif dans les compétences. La formation d’une nouvelle génération de professionnels de l’aviation, la participation accrue des jeunes et des femmes, ainsi que le renforcement des partenariats entre institutions, industrie et partenaires internationaux sont considérés comme des conditions essentielles pour inscrire durablement l’Afrique dans une trajectoire d’aviation plus propre, plus moderne et plus résiliente.
Gabriel BLIVI
