(La Nouvelle République)-En prélude à la session finale des négociations sur le traité mondial contre la pollution plastique, prévue du 5 au 14 août à Genève, l’ONG Les Amis de la Terre-Togo a tenu une conférence de presse ce matin à Lomé pour alerter sur l’urgence d’un accord ambitieux, juridiquement contraignant et socialement juste.
Dans une salle remplie de journalistes, représentants de la société civile et partenaires techniques, l’organisation a lancé un message clair : « Le temps des demi-mesures est révolu. Il faut un traité qui s’attaque à la racine du problème : la surproduction du plastique, les substances toxiques et l’impunité des multinationales », a déclaré Kokou Elorm Amegadze, directeur exécutif de l’ONG
La rencontre de Genève constitue la dernière ligne droite du processus lancé par les Nations unies en 2022. Elle doit aboutir à l’adoption d’un instrument international contraignant pour mettre fin à la pollution plastique, y compris dans le milieu marin. Pour Les Amis de la Terre, il s’agit d’un rendez-vous historique, qui ne peut être manqué.
L’ONG togolaise a également mis en lumière les profondes divisions entre les pays engagés dans les négociations. D’un côté, la Coalition pour une Haute Ambition (UE, Norvège, Rwanda, pays insulaires) défend un texte fort, incluant la réduction de la production de plastique vierge, l’interdiction des plastiques à usage unique non essentiels, et l’élimination des produits chimiques dangereux.
De l’autre, des pays producteurs comme les États-Unis, la Chine et l’Arabie saoudite privilégient une approche basée sur le recyclage, les engagements volontaires et les plans d’action nationaux.
Pour Les Amis de la Terre-Togo, cette opposition cache une inégalité profonde : « Les pays du Sud paient le prix fort d’un système dominé par les multinationales du plastique et du pétrole. Nos communautés vivent les impacts sanitaires et environnementaux chaque jour. Ce traité doit réparer ces injustices. »
L’organisation plaide pour : une réduction de la production plastique à la source, une interdiction des plastiques superflus et des substances toxiques, une responsabilité élargie des producteurs, une protection accrue des droits des populations affectées, y compris les femmes, les peuples autochtones et les ramasseurs de déchets et un financement international équitable pour accompagner la transition des pays du Sud.
En clôture de la conférence, Les Amis de la Terre-Togo ont invité toutes les parties prenantes gouvernements, entreprises, société civile et citoyens à se mobiliser pour que Genève soit le point de bascule d’une véritable révolution écologique.
« Genève 2025 ne doit pas accoucher d’un traité faible sous pression des lobbys. Ce doit être un accord ambitieux, universel et juste. L’histoire nous regarde », conclut le directeur exécutif de l’ONG.
