(La Nouvelle République)-L’édition 2025 de l’Indice de perception de la corruption (IPC) dresse un constat préoccupant pour l’Afrique, en particulier pour l’Afrique subsaharienne, qui demeure la région la moins bien notée au monde en matière de corruption perçue dans le secteur public. Sur les 182 pays et territoires évalués, la moyenne régionale s’établit à 32 sur 100, traduisant la persistance de faiblesses structurelles en matière de gouvernance, de transparence et de redevabilité.
Les données régionales montrent qu’une minorité d’États parvient à se démarquer. Seuls quatre pays d’Afrique subsaharienne dépassent le seuil de 50 points, généralement associé à un niveau de contrôle plus solide de la corruption. Les Seychelles arrivent en tête du classement régional avec un score de 68, suivies du Cabo Verde (62), du Botswana (58) et du Rwanda (58), illustrant que des avancées sont possibles lorsque les cadres institutionnels et les mécanismes de contrôle sont renforcés.
À l’inverse, plusieurs pays figurent parmi les moins bien classés à l’échelle mondiale. Le Soudan du Sud et la Somalie ferment la marche avec un score de 9, tandis que l’Érythrée (13) et le Soudan (14) se situent également dans le bas du classement. Ces résultats reflètent des contextes marqués par l’instabilité politique, les conflits armés, la faiblesse des institutions publiques et des systèmes de contrôle limités.
Selon le rapport, ces niveaux élevés de corruption perçue ont des effets directs sur les conditions de vie des populations, en pesant sur la qualité des services publics, la gestion des ressources publiques et l’attractivité économique. Les auteurs appellent les gouvernements de la région à renforcer les institutions de contrôle, améliorer la transparence dans l’action publique et garantir un environnement propice à la participation citoyenne, afin de transformer les engagements en réformes concrètes.
Gabriel BLIVI
