(La Nouvelle République)-La justice béninoise a condamné le 24 mars 2026 un journaliste à cinq ans de prison ferme et à une amende de dix millions de francs CFA. La peine a été prononcée par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme dans le cadre d’une affaire liée à une tentative de coup d’État déjouée en décembre 2025 contre le président Patrice Talon. Le journaliste était poursuivi pour apologie de crime contre la sûreté de l’État, incitation à la rébellion et incitation à la violence.
Cette décision met en lumière un principe fondamental selon lequel la qualité de journaliste n’exonère pas de la responsabilité pénale. Si la liberté de la presse est un droit essentiel, elle ne constitue pas une immunité face aux infractions graves, surtout lorsqu’elles menacent la stabilité des institutions et l’ordre public.
Les faits reprochés concernent la diffusion de contenus interprétés comme favorables à une prise de pouvoir par la force. La juridiction a estimé que ces actes dépassaient le cadre normal de l’exercice du métier d’informer et relevaient du droit commun, ce qui met en avant la primauté des textes légaux sur le statut professionnel.
L’affaire soulève également un débat sur l’équilibre entre liberté d’expression et sécurité de l’État. Certains observateurs s’inquiètent des implications pour la presse tandis que les autorités défendent la fermeté comme nécessaire pour prévenir toute dérive dans un contexte politique sensible. Cette tension symbolisent la ligne de crête entre liberté d’informer et respect des règles pénales.
En rappelant que certaines infractions doivent rester soumises aux sanctions prévues par le droit commun, la justice béninoise montre que les professionnels des médias, tout comme les autres citoyens, restent responsables lorsque leurs actes franchissent la frontière entre expression légitime et menace à l’ordre public. Cette approche souligne l’importance de concilier liberté de la presse et responsabilité, particulièrement dans des situations où la stabilité institutionnelle et la sécurité nationale sont en jeu.
Gabriel BLIVI
