(La Nouvelle République)-Autrefois porteuse d’espoir pour une partie de l’opposition togolaise, l’Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre voit son poids politique se réduire au fil des années. Seize ans après sa création, le parti est confronté à un recul électoral qui interroge sa stratégie et ses perspectives.
Créée en octobre 2010 après une rupture avec l’Union des forces de changement (UFC), l’ANC s’est rapidement imposée comme une force majeure de l’opposition. Portée par les mobilisations populaires et le discours d’alternance de Jean-Pierre Fabre, elle a longtemps nourri l’espoir d’un changement politique au Togo.
Mais cette dynamique s’est progressivement essoufflée. Aux législatives de 2018, le parti avait choisi le boycott, se privant ainsi de représentation parlementaire. En 2024, il n’a obtenu qu’un seul siège, remporté par Jean-Pierre Fabre lui-même. Pourtant, le leader de l’ANC a décidé de ne pas siéger, dans le cadre de la contestation politique portée par sa formation. L’unique siège remporté n’a donc pas permis au parti de retrouver une présence effective à l’Assemblée nationale.
Sur le plan local, le recul est également notable. Aux municipales de 2025, l’ANC a obtenu 51 sièges de conseillers municipaux sur 1 527. Jean-Pierre Fabre a néanmoins conservé la mairie du Golfe 4, l’un des rares symboles de son ancrage institutionnel.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette dégringolade. Les choix stratégiques, les difficultés à construire des alliances durables avec les autres forces de l’opposition, la fragmentation politique et la forte personnalisation du leadership constituent autant de pistes d’analyse. À cela s’ajoutent les contraintes de l’environnement politique togolais, qui pèsent sur l’ensemble des acteurs de l’opposition.
A l’heure de ses seize ans, l’ANC est ainsi appelée à repenser sa stratégie, renouveler ses équipes et reconquérir les électeurs. Car, si son histoire reste marquée par de grandes mobilisations, son avenir dépendra de sa capacité à transformer cet héritage en une nouvelle dynamique politique.
Gabriel BLIVI
