(La Nouvelle République)-De nouvelles accusations pèsent sur l’armée malienne. Selon la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et Amnesty International, une vingtaine de civils ont été exécutés par des militaires à Diafarabé, dans la région de Mopti, le 12 mai dernier.
Les deux organisations rapportent qu’entre 23 et 27 hommes, pour la plupart d’ethnie peule, ont été arrêtés sur le marché local, puis sommairement exécutés et enterrés dans des fosses communes. Ces faits s’ajoutent à ceux déjà révélés par RFI et Human Rights Watch ces derniers jours.
Maître Drissa Traoré, secrétaire général de la FIDH, dénonce des exécutions extrajudiciaires ciblant une communauté spécifique. « Il ne s’agit pas de combattants, mais de civils non armés. Une armée républicaine ne peut agir ainsi », a-t-il déclaré.
Cette opération intervient dans un contexte de tensions persistantes dans le centre du Mali, où la katiba Macina, affiliée à al-Qaïda, reste active. Cette organisation, qui recrute largement dans la communauté peule, avait revendiqué fin mars une embuscade meurtrière contre l’armée dans la même zone.
Les ONG mettent en garde contre les amalgames ethniques et demandent une enquête indépendante. La récurrence de ces violences soulève de vives inquiétudes sur les dérives des forces armées maliennes dans leur lutte contre les groupes jihadistes.
