(La Nouvelle République)-Le CNCC rêvait d’une démonstration de force capable de relancer une opposition en perte de vitesse. Mais à Akassimé, ce samedi 09 mai 2026, la réalité du terrain a brutalement refroidi les ambitions des organisateurs.
Ce qui devait être un immense rassemblement populaire ressemblait davantage à une scène politique jouée devant des espaces vides et des militants visiblement démotivés.
Annoncé avec emphase comme un tournant historique pour l’opposition togolaise, le meeting des sept partis et associations alliés n’aura finalement convaincu ni les foules ni même les curieux.
À mesure que les heures passaient, les regards se tournaient davantage vers les chaises inoccupées que vers la tribune. Pour un rendez-vous présenté comme capital, l’image renvoyée à l’opinion était celle d’une opposition essoufflée, incapable de transformer ses discours alarmistes en véritable adhésion populaire.
Le contraste était d’autant plus frappant que Jean-Pierre Fabre, Dodzi Apévon et David Dosseh avaient multiplié les appels à la mobilisation. En choisissant même de s’éloigner de l’Assemblée nationale pour privilégier ce meeting, les leaders du CNCC semblaient persuadés de provoquer une démonstration populaire majeure.
Mais le résultat obtenu a plutôt soulevé une interrogation embarrassante : où sont passés les militants que ces responsables disent représenter ?Ce nouveau revers apparaît comme le symptôme d’un malaise politique plus profond. Depuis plusieurs années, une partie de l’opposition semble enfermée dans les mêmes recettes : meetings, dénonciations, appels à la confrontation et changement régulier de plateformes politiques. Hier le CRAC, aujourd’hui le CNCC.
Mais malgré les nouveaux sigles et les nouvelles appellations, le discours reste identique et semble de moins en moins convaincre les populations.Pendant que les citoyens attendent des réponses concrètes aux difficultés quotidiennes liées à l’emploi, au coût de la vie, à la santé ou encore aux infrastructures, le CNCC paraît davantage préoccupé par l’entretien d’une agitation politique permanente.
Cette déconnexion progressive avec les attentes populaires explique sans doute pourquoi la mobilisation annoncée avec tant d’assurance s’est transformée en véritable flop politique.
À Akassimé, ce ne sont donc pas seulement les chiffres de participation qui interpellent. C’est surtout le message envoyé par les populations : les Togolais semblent désormais moins sensibles aux discours de rupture sans projet visible qu’aux initiatives concrètes capables d’améliorer leur quotidien.
Ce meeting devait symboliser le retour en force du CNCC. Il aura surtout révélé les limites d’une opposition qui peine encore à retrouver un véritable souffle populaire.
La Rédaction
