(La Nouvelle République)-Du 18 au 19 octobre 2025 à Dapaong, dans la région des Savanes, la Conférence des évêques du Togo (CET) s’est réunie pour dénoncer ce qu’elle décrit comme un climat d’intimidation et de méfiance dans le pays, menaçant la cohésion nationale. Les prélats ont diffusé un message appelant à plus de justice et au respect des libertés fondamentales, tout en pointant les responsabilités du gouvernement et de la classe politique.
Si leur intervention rappelle l’importance de la paix et de la transparence, certains observateurs s’interrogent sur la pertinence d’une prise de position publique dans un État laïc. En s’immisçant dans le débat politique, les évêques semblent franchir une ligne subtile entre rôle moral et influence sur les affaires politiques.
Dans leur déclaration, les membres de la CET soulignent que « aucun développement véritable n’est possible sans le respect des libertés, de la justice et de la vérité ». Si ce message résonne avec un appel légitime à la responsabilité des dirigeants, il suscite également un débat sur la capacité de l’Église à rester neutre dans un contexte politique tendu.
La Conférence des évêques du Togo s’inscrit ainsi dans sa tradition d’intervention sociale et morale, mais cette démarche, bien qu’animée par des intentions de justice, peut être perçue comme un mélange délicat d’engagement civique et de pression indirecte sur le gouvernement et les acteurs politiques.
Gabriel BLIVI
