(La Nouvelle République)-Les résultats des dernières élections municipales confirment la suprématie écrasante du parti au pouvoir, UNIR, qui obtient 1 150 sièges de conseillers municipaux. Loin derrière, l’ANC recueille 51 sièges et l’UFC, ancien poids lourd de l’opposition, ne parvient qu’à en décrocher 38.
Cette débâcle électorale est symptomatique d’un déséquilibre profond dans le paysage politique togolais. L’écart de moyens entre les partis en lice demeure considérable. Comme l’a reconnu Séna Alipui, vice-président de l’UFC, « avec nos moyens limités face à ceux du parti au pouvoir, nous sommes allés à la chasse aux lions avec un couteau de cuisine ».
L’autre mal chronique reste l’émiettement de l’opposition, avec plus de cent partis enregistrés, dont une majorité sans réelle base militante. Cette dispersion fragilise les candidatures, affaiblit le discours politique alternatif et prive les électeurs d’une offre claire.
Ce revers électoral relance les appels à une réforme profonde du système politique, notamment à travers la révision de la charte des partis et du code électoral. Mais tant que l’opposition ne parvient pas à se structurer autour d’un projet collectif et d’une organisation plus efficace, elle continuera de subir les conséquences de ce déséquilibre.
Gabriel BLIVI
