(La Nouvelle République)-Réunis à Lomé du 10 au 13 juin 2025 pour leur 139e session ordinaire, les évêques du Togo ont lancé un appel vibrant à l’unité, au dialogue et à la paix. Face à une situation sociopolitique qu’ils jugent préoccupante, les prélats de la Conférence des Évêques du Togo (CET) exhortent les citoyens à sortir du cycle de la haine, des rancunes et des clivages.
Dans un communiqué rendu public à l’issue des travaux, les évêques dénoncent la montée de la violence sous toutes ses formes, les atteintes aux libertés fondamentales, ainsi que la manipulation de l’information dans l’espace public. Pour eux, ces dérives fragilisent le vivre-ensemble et menacent dangereusement la cohésion nationale.
« Nous condamnons toutes formes de violence, d’où qu’elles viennent, et dénonçons la culture du mensonge et de la désinformation », écrivent-ils dans une déclaration au ton grave, mais porteur d’espérance.
Pour sortir de l’impasse actuelle, les évêques appellent à un sursaut moral et à un engagement sincère en faveur du bien commun. Leur message s’adresse à tous les acteurs de la vie nationale : autorités politiques, forces de sécurité, leaders religieux et société civile, mais aussi à chaque citoyen pris individuellement. Car, insistent-ils, la reconstruction nationale ne saurait se faire sans la participation de tous.
« L’heure est venue pour chaque Togolais de dépasser la haine et la division pour embrasser l’amour et l’union », affirment-ils.
Fidèle à sa mission prophétique, l’Église catholique se pose en acteur de paix et de réconciliation. Elle encourage le dialogue, la vérité et le respect de la dignité humaine comme seuls chemins viables pour restaurer la confiance et l’espérance.
Les évêques invitent également les fidèles et les hommes de bonne volonté à s’unir dans la prière pour la nation : « Que tous les fils et filles de notre cher pays se reconnaissent vraiment frères et sœurs, et qu’ils deviennent capables d’amour au lieu de la haine. »
Au-delà de la politique, la CET s’est penchée sur des questions sociales et éducatives, notamment la formation des prêtres, la situation des séminaires et les besoins de l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO-UUT), saluant les efforts tout en soulignant les défis.
Dans une société fragilisée par les tensions, le message des évêques résonne comme un appel au réveil de la conscience collective et à la responsabilité individuelle. Pour les prélats togolais, seule une nation unie, réconciliée avec elle-même et enracinée dans la vérité, pourra bâtir un avenir de paix et de justice.
Gabriel BLIVI
