(La Nouvelle République)-Le Togo inscrit une nouvelle page dans l’histoire sociale du continent en devenant le premier pays africain à lancer une assurance maladie dédiée aux travailleurs non-salariés. Cette avancée majeure ouvre la voie à une protection plus équitable et inclusive pour des millions d’acteurs de l’économie informelle, longtemps laissés en marge des systèmes classiques de sécurité sociale.
Dans un pays où l’auto-emploi est la norme, cette initiative concerne commerçants, artisans, agriculteurs, transporteurs, pêcheurs et micro-entrepreneurs. Elle reconnaît enfin le rôle vital de ces forces vives dans la construction de l’économie nationale, tout en offrant un filet de sécurité sanitaire qui corrige une inégalité historique.
Depuis le 23 octobre, l’enrôlement officiel des travailleurs non-salariés a été rendu possible grâce à la plateforme numérique de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) (https://tns.cnss.tg/). Les intéressés peuvent s’inscrire en quelques clics, fournir leurs informations personnelles et choisir leur formule de cotisation : 10 000 francs par mois, 28 500 francs par trimestre, 54 000 francs par semestre ou 102 000 francs par an. Une fois inscrits, ils reçoivent leur carte d’assuré, ouvrant l’accès aux prestations prévues dans le cadre de l’assurance maladie universelle.
Le dispositif couvre consultations, analyses, médicaments essentiels, soins prénatals et postnatals, et une prise en charge partielle des hospitalisations. Le ministère de la Santé souligne : « Cette initiative permet à chaque travailleur non salarié, quel que soit son revenu ou son activité, de bénéficier de soins de base sans craindre la ruine financière. » Les premiers bénéficiaires saluent un dispositif libérateur qui leur permet d’accéder aux soins tout en protégeant leurs économies.
Avec cette mesure, le Togo se positionne comme un modèle de développement inclusif, affirmant que la prospérité ne doit laisser personne derrière et que chaque acteur de l’économie nationale mérite une protection sanitaire digne de ce nom.
La Rédaction
