Le Fonds monétaire international (FMI) estime que la situation financière du secteur électrique togolais constitue l’un des principaux points de vigilance pour les finances publiques. Dans ses dernières conclusions sur le programme économique du Togo, l’institution relève que les difficultés persistantes de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET) continuent de peser sur l’équilibre budgétaire et nécessitent des mesures correctives afin d’assurer la pérennité du secteur.
Selon le FMI, la CEET fait face à des pertes financières récurrentes, alimentées par un modèle économique dans lequel les recettes générées par la vente d’électricité ne permettent pas de couvrir pleinement les coûts d’approvisionnement et d’exploitation. Cette situation, combinée à un niveau d’endettement élevé, fragilise la trésorerie de l’entreprise et accroît le risque d’un soutien financier de l’État, avec des répercussions potentielles sur les comptes publics.
L’institution de Bretton Woods recommande ainsi d’accélérer les réformes engagées dans le secteur de l’électricité. Elle préconise notamment une amélioration de la gouvernance de la CEET, une réduction des pertes techniques et commerciales, ainsi qu’une évolution progressive de la politique tarifaire afin de rapprocher les recettes des coûts réels, tout en préservant les consommateurs les plus vulnérables grâce à des dispositifs de protection ciblés.
Malgré ces préoccupations, le FMI souligne que l’économie togolaise poursuit une trajectoire globalement favorable. L’institution salue les progrès réalisés dans le cadre du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC), marqués par une croissance soutenue, une mobilisation accrue des recettes et la poursuite des réformes structurelles. Elle considère toutefois que le redressement durable de la CEET demeure un enjeu majeur pour renforcer la résilience des finances publiques et soutenir le développement économique du pays.
Gabriel BLIVI
