(La Nouvelle République)-Depuis quelques années, TikTok s’est imposé comme le réseau social favori de la jeunesse togolaise. Des milliers de vidéos y sont publiées chaque jour notamment les danses, sketchs, tutoriels ou encore « challenges » en tout genre. Si cette plateforme offre un espace d’expression inédit, elle est aussi devenue le théâtre d’une compétition féroce pour attirer l’attention et accumuler des vues. Dans cette course effrénée aux chiffres, beaucoup de jeunes créateurs semblent oublier les valeurs morales et culturelles qui structurent la société togolaise.
Sur TikTok, la quête de popularité se traduit souvent par des contenus provocateurs, parfois vulgaires, qui suscitent indignation et débats. Certains utilisateurs n’hésitent plus à exposer leur intimité, à utiliser des propos choquants ou à reproduire des comportements dangereux, uniquement pour gagner quelques milliers d’abonnés supplémentaires. Les conséquences sont multiples. En autres la banalisation du langage violent, l’atteinte à la décence publique, et parfois même le harcèlement en ligne.
Pourtant, la plateforme ne se limite pas à ces excès. De nombreux jeunes togolais utilisent aussi TikTok pour promouvoir la culture locale, partager des conseils éducatifs, ou faire connaître leurs talents artistiques.
Pour beaucoup d’observateurs le problème n’est donc pas l’outil en lui-même, mais la manière dont il est utilisé. Faute de repères et de sensibilisation, beaucoup tombent dans le piège de la surenchère numérique parce que, plus c’est choquant, plus ça fait de vues. Cette logique du buzz immédiat éclipse souvent la créativité authentique et la responsabilité sociale.
Face à ce constat, il apparaît primordial pour nos dirigeants d’encourager des initiatives visant à promouvoir un usage plus sain du réseau. Car si TikTok peut être un formidable tremplin d’expression pour la jeunesse togolaise, il ne doit pas devenir le miroir d’une société où la quête d’audience fait perdre le sens de la morale.
Gabriel BLIVI
