(La Nouvelle République)-Dans un contexte où le travail précoce des enfants demeure un enjeu social majeur, le gouvernement togolais a clairement défini et publié l’Arrêté n°1556/MPFTRAPS du 22 mai 2020, établissant la liste des travaux considérés comme dangereux et strictement interdits aux enfants. Cette mesure s’inscrit dans la mise en œuvre des engagements nationaux et internationaux en matière de protection de l’enfance et vise à renforcer le cadre de prévention contre les pires formes de travail des mineurs.
Adopté en application de l’article 151 du Code du travail togolais, l’arrêté interdit formellement l’emploi d’enfants dans des activités susceptibles de compromettre leur santé, leur sécurité ou leur développement moral et physique. Le texte fixe l’âge minimum de 18 ans pour l’accès à tout travail dangereux, au-delà de l’âge minimum général de 15 ans pour les travaux légers. Cette distinction vise à mieux protéger les mineurs contre les risques liés aux tâches pénibles ou exposées à des dangers spécifiques.
Parmi les interdictions figurent plusieurs catégories de travaux présentant des risques graves, notamment l’utilisation de machines et d’outils dangereux sans dispositifs de protection adéquats, les travaux en hauteur, en milieu souterrain ou dans des espaces confinés, l’exposition à des substances nocives, ainsi que les activités impliquant le port de charges lourdes ou exercées dans des environnements potentiellement toxiques. Ces dispositions complètent les obligations générales prévues par la législation du travail et les textes de protection de l’enfance.
Les autorités reconnaissent toutefois que, malgré un cadre juridique désormais plus précis, l’application effective de ces mesures demeure un défi sur le terrain. Les actions de sensibilisation se multiplient afin de mieux faire connaître les interdictions auprès des employeurs, des familles et des communautés, notamment dans les zones rurales où les enfants restent particulièrement exposés aux formes dangereuses de travail. L’enjeu est de garantir à la fois le respect strict de la réglementation et l’accès effectif des enfants à l’éducation et à un environnement protecteur.
Gabriel BLIVI
