(La Nouvelle République)-En 2005, le Togo a réalisé un exploit inédit en se qualifiant pour la première fois de son histoire à la Coupe du Monde. Peu de spécialistes voyaient cette petite nation africaine rivaliser avec les géants du continent, mais les Éperviers allaient prouver que détermination et cohésion pouvaient déplacer des montagnes.
Placés dans le Groupe 1 des éliminatoires africaines aux côtés du Sénégal, de la Zambie, du Mali, du Congo et du Libéria, les Togolais ont débuté leur campagne par une défaite à l’extérieur contre la Zambie. Ce revers n’a pourtant pas ébranlé leur moral et a marqué le début d’une progression constante.
À domicile, les Éperviers ont su imposer leur jeu, enchaînant les victoires décisives face au Libéria, au Congo et au Mali. À l’extérieur, des succès importants à Bamako et Monrovia ont confirmé la régularité du collectif, qui alternait solidité défensive et efficacité offensive.
Le point d’orgue de la qualification a été la victoire historique 2-1 contre le Sénégal à Lomé. Cette rencontre a symbolisé la maturité et la combativité de l’équipe, capable de rivaliser avec les favoris du groupe et de s’imposer dans les moments clés.
Stephen Keshi, le sélectionneur nigérian, a joué un rôle central dans cet exploit. Son organisation tactique, sa discipline et sa capacité à créer un collectif soudé ont permis au Togo de finir premier du groupe avec 23 points, devant le Sénégal et la Zambie.
Emmanuel Adebayor, l’attaquant vedette évoluant à Arsenal, a été la figure de proue de cette équipe. Avec 11 buts inscrits lors des éliminatoires, il a porté l’attaque togolaise et inspiré ses coéquipiers. Mohamed Kader et d’autres cadres ont également assuré la stabilité défensive et l’équilibre du collectif.
La participation au Mondial 2006 en Allemagne fut un apprentissage pour les Éperviers. Tirés dans le Groupe G, ils affrontaient la France, la Suisse et la Corée du Sud. Malgré trois défaites, l’équipe a montré courage et combativité, et Mohamed Kader a inscrit le premier but togolais dans l’histoire des Coupes du Monde.
Au-delà du terrain, des tensions liées aux primes et à la gestion de l’équipe ont éclaté après le tournoi, menant au départ de Keshi.
Gabriel BLIVI
