(La Nouvelle République)-C’est une célébration profondément ancrée dans l’histoire et la culture du peuple Ewé qui a rassemblé, ce 9 août 2025, les populations de la préfecture du Zio à Tsévié. À l’occasion de l’apothéose de la 53ᵉ édition de la fête traditionnelle Ayizan, les 16 cantons de la préfecture ont convergé vers le stade Docteur Kaolo dans une ambiance festive faite de danses, de chants et de rythmes traditionnels. Cette fête, symbole de mémoire collective et de cohésion, continue de réunir les communautés autour des valeurs de solidarité et d’attachement à la terre nourricière.
Présidée par Sevon Tépé Kodzo Adedze, président de l’Assemblée nationale, la cérémonie s’est déroulée en présence de nombreuses personnalités politiques, administratives et traditionnelles, parmi lesquelles les anciens Premiers ministres Komi Sélom Klassou et Victoire Tomégah-Dogbé, la ministre des Sports et Loisirs, Lidi Bessi Kama, et la présidente du Parlement de la CEDEAO, Ibrahima Memounatou. Dans son discours, M. Adedze a rappelé que cette célébration « est le reflet de la vitalité culturelle du Zio et un rappel de notre responsabilité collective à préserver l’unité et la paix ». Il a également souligné l’engagement du chef de l’État à promouvoir les cultures locales comme leviers de développement.
Placée sous le thème « Tous ensemble pour un Zio plus uni, résilient et prospère », l’édition 2025 d’Ayizan a mis en lumière les racines profondes de cette tradition, autrefois appelée « Vovozan ». Elle tire son origine d’un épisode marquant de l’exode du peuple Ewé au XVIIIᵉ siècle, lorsqu’un groupe s’est arrêté pour semer des haricots avant de poursuivre sa route. Ce geste, empreint de sagesse, aurait donné naissance au nom de Tsévié, dérivé des mots « Tsé » (produire) et « Vié » (un peu). Mme Lidi Bessi Kama a insisté sur cette symbolique forte : « Le haricot n’est pas qu’un produit agricole. Il incarne notre résilience, notre solidarité et notre capacité à produire ensemble ce qui nous nourrit, physiquement et symboliquement. »
Tout au long de la journée, les festivités ont été rythmées par des démonstrations culturelles reflétant la diversité et la richesse des traditions locales : chants, danses folkloriques, prestations artistiques et jeux traditionnels. Les participants les plus méritants ont été récompensés, tandis que l’élection de la Reine Ayizan 2025 a mis à l’honneur Attossou Amè Elodie, jeune bachelière de 18 ans. Couronnée au terme du concours, elle a reçu une moto, symbole de reconnaissance et d’encouragement à la jeunesse.
Dans son allocution, la ministre Lidi Bessi Kama a mis en avant le rôle structurant de ce rendez-vous annuel pour la région : « Ayizan n’est pas qu’une fête. C’est un espace de transmission des valeurs, un moteur d’identité, mais aussi un facteur de développement économique local, notamment à travers la valorisation de produits agricoles comme le haricot. » Elle a également invité les jeunes à se réapproprier les traditions et à en faire des vecteurs d’innovation et d’entrepreneuriat.
Plus qu’un simple rendez-vous culturel, Ayizan 2025 aura été un acte de mémoire, une expression d’unité et une affirmation de l’avenir. Par cette célébration, les populations du Zio ont réaffirmé leur enracinement dans un patrimoine commun, tout en montrant leur volonté de construire ensemble un futur plus prospère et plus solidaire.
Gabriel BLIVI, de retour de Tsevié