(La Nouvelle République) – Dès les premières heures de la journée de samedi, Pya, dans la préfecture de la Kozah a retrouvé l’effervescence des grands rendez-vous. Tambours, chants traditionnels, danses et acclamations ont accompagné l’ouverture des Evala 2026, une célébration qui, chaque année, rappelle la place singulière qu’occupe cette tradition dans l’identité culturelle togolaise.
Au milieu d’une foule venue de plusieurs localités du pays et de l’étranger, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a pris part à cette première journée des festivités. Sa présence a été saluée par les populations, témoignant de l’importance accordée par les autorités à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine culturel national.
Bien plus que des luttes
Sur les arènes, les affrontements entre les jeunes des coalitions de Lao-Bas et de Lao-Haut ont donné le ton de cette nouvelle édition. Mais derrière chaque empoignade se dessine une tradition plusieurs fois centenaire où se mêlent courage, endurance, maîtrise de soi et respect des règles communautaires.

Les Evala demeurent avant tout un rite initiatique qui accompagne le passage des adolescents à la vie adulte. Elles constituent aussi un espace de transmission où les anciens perpétuent auprès des plus jeunes des valeurs profondément enracinées dans la société kabyè : solidarité, discipline, sens de l’effort et attachement aux traditions.
Une célébration aux multiples retombées
Au-delà de leur portée culturelle, les Evala constituent aujourd’hui un rendez-vous majeur pour la région de la Kara. Elles stimulent les activités commerciales, dynamisent le secteur touristique et mettent en lumière le savoir-faire des artisans, des artistes et des opérateurs économiques locaux.
Pendant une semaine, les arènes resteront le cœur des festivités, mais l’événement se prolongera également à travers des animations culturelles, des rencontres communautaires et diverses initiatives économiques qui font des Evala l’une des plus importantes manifestations identitaires du Togo.
Gabriel BLIVI
