(La Nouvelle République)-Renforcer l’autonomie économique des femmes pour accroître leur capacité à participer aux décisions locales : c’est l’un des principaux enseignements du projet EGALE-AO, dont le bilan a été présenté mardi à Klologo, dans la commune de Vo 3.
Mis en œuvre depuis février 2022 par Inades-Formation Togo, avec l’appui financier d’Inter Pares, le projet « Égalité des Genres par l’Agroécologie menée par les Femmes en Afrique de l’Ouest » est intervenu dans cinq communes : Vo 3, Amou 3, Zio 1, Yoto 2 et Bas-Mono 2.
Au terme de plusieurs années d’accompagnement, 2 616 femmes ont été renforcées en leadership communautaire. Sur 345 personnes élues dans les instances de décision ciblées, 184 sont des femmes, traduisant une progression de leur représentation dans la gouvernance locale.
L’accès aux droits fonciers et aux ressources a également constitué un axe majeur. 2 852 personnes ont été sensibilisées aux droits fonciers des femmes, tandis que 1 673 femmes ont bénéficié d’un accompagnement pour l’obtention de documents administratifs et l’accès aux intrants organiques.
Le projet a parallèlement soutenu les activités génératrices de revenus. Transformation de l’huile rouge, du manioc, fabrication de savons et de déodorants ont permis à plusieurs bénéficiaires de développer leurs revenus et de renforcer leur autonomie.

À Bas-Mono 2, Afi Setoglo illustre cette dynamique. Son activité de transformation des noix de palme en huile rouge lui a permis de gagner davantage en indépendance financière et de prendre une part plus active aux échanges sur les besoins de sa communauté.
Pour Sabi Koffi Iyatan, président du conseil d’administration d’Inades-Formation Togo, les changements observés concernent aussi la participation des femmes aux discussions communautaires et l’évolution progressive du partage des responsabilités domestiques.
La clôture du projet EGALE-AO ouvre désormais la question de la consolidation de ces acquis. Accès à la terre, autonomie économique, reconnaissance du travail des femmes et représentation dans les espaces de décision restent des défis à poursuivre. Une deuxième phase est envisagée pour maintenir cette dynamique en faveur du leadership féminin et du développement des communautés rurales.
Jean-Marc Edron
