( La Nouvelle République)-À l’occasion de la Journée mondiale de l’océan célébrée 08 juin 2026, les autorités togolaises ont lancé un vibrant appel à une mobilisation nationale et internationale en faveur de la protection des espaces maritimes, qualifiés de “bien commun fragile et vital” pour le développement du pays et de la région.
Dans un message adressé aux acteurs du monde maritime, aux communautés côtières et aux partenaires de l’économie bleue, le ministre en charge du secteur maritime ; Edem Kokou TENGUE a dressé un constat alarmant de la situation des océans, confrontés à une pression croissante liée à la pollution, à la surpêche et à l’érosion côtière.
Une “crise océanique” aux impacts visibles sur les côtes togolaises
Selon le ministre, l’océan est aujourd’hui victime d’une exploitation excessive et de multiples formes de dégradation environnementale : plastiques, filets abandonnés, rejets d’eaux usées et extraction de sable contribuent à fragiliser durablement les écosystèmes marins.
Le ministre a évoqué une “crise océanique” déjà perceptible sur le littoral togolais, où le recul du trait de côte, la disparition progressive des mangroves et la raréfaction des ressources halieutiques affectent directement les populations. Des localités comme Aného, Agbodrafo ou Kodjoviakopé sont particulièrement touchées par ces phénomènes.
L’économie maritime, pilier stratégique du Togo
Le discours a également rappelé le poids central du secteur maritime dans l’économie nationale. Près de 70 % des activités économiques et plus de 75 % des recettes fiscales du pays seraient liés à la façade maritime, tandis que le Port autonome de Lomé constitue un hub majeur du commerce sous-régional.
Dans ce contexte, la protection de l’océan est présentée comme un enjeu de souveraineté économique, de sécurité alimentaire et de stabilité nationale.
Une politique maritime déjà engagée au niveau international
Le ministre a mis en avant les efforts du Togo en matière de gouvernance maritime, notamment la création d’un ministère dédié à l’économie maritime et l’organisation du Sommet de Lomé sur la sûreté maritime en 2016, qui a abouti à la Charte africaine sur la sécurité et le développement maritime.
Le pays affirme également avoir ratifié plusieurs conventions internationales relatives à la sécurité maritime, à la lutte contre la pollution et au travail des gens de mer, ainsi que signé l’Accord des Nations Unies sur la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales (BBNJ), en attente de ratification parlementaire.
Un appel à la responsabilité collective
Au-delà des politiques publiques, le message du ministre insiste sur la nécessité d’une mobilisation de tous les acteurs : pêcheurs, armateurs, administrations portuaires, chercheurs, femmes mareyeuses et jeunes des communautés côtières.
Parmi les priorités évoquées figurent le renforcement des aires marines protégées, la lutte contre la pêche illégale, la réduction de la pollution plastique, la protection des côtes contre l’érosion et la formation aux métiers de l’économie bleue.
“Réimaginer l’océan” comme engagement pour l’avenir
S’appuyant sur le thème des Nations Unies, “Réimaginer l’océan”, le ministre appelle à dépasser la simple commémoration pour adopter une approche durable et responsable de la gestion des ressources marines.
“L’océan se souvient des promesses tenues comme des promesses trahies”, a été rappelé dans ce message, appelant à un engagement concret en faveur des générations futures.
Gabriel BLIVI
