(La Nouvelle République)-Initié par l’Institut international de gestion des conflits (IIGC), le Master professionnel international (MPI) en Diplomatie et Stratégies négociationnelles entame une nouvelle étape avec sa deuxième promotion, baptisée « Amadou Hampâté Bâ 2026-2027 », en partenariat avec l’Univers du Leadership International de XOESE (UNIVERS XOESE), au Togo. À travers cette formation dispensée entièrement en ligne, l’ambition est de renforcer les capacités des décideurs, des diplomates, des cadres et des futurs responsables en matière de négociation, de médiation, de gestion des conflits et de gouvernance éthique. Dans cet entretien, Kag Sanoussi, président de l’IIGC, initiateur et co-coordonnateur général du MPI, revient sur la philosophie de cette formation, le bilan de la première promotion, la valorisation des savoirs endogènes africains et les perspectives offertes aux professionnels en activité.
La Nouvelle République : Monsieur Kag Sanoussi, qu’est-ce que le Master professionnel international (MPI) et pourquoi avoir créé cette formation ?
Kag Sanoussi : Le Master professionnel international (MPI) en Diplomatie, Stratégie négociationnelle, Médiation, Gestion des conflits et Gouvernance éthique, dont l’intitulé court est « MPI en Diplomatie & Stratégies négociationnelles », est une formation internationale de haut niveau destinée à renforcer les capacités stratégiques et opérationnelles des professionnels et des décideurs d’aujourd’hui et de demain.
Sa création est l’aboutissement de près de quinze années de réflexions, de recherches et d’expériences conduites par l’Institut international de gestion des conflits (IIGC), en Afrique, dans les Amériques et en Europe.
Nous sommes partis d’un constat simple : on peut être très instruit, détenir plusieurs diplômes et exercer de hautes responsabilités, tout en rencontrant des difficultés à négocier, à anticiper, à gérer des conflits, à prendre certaines décisions ou à agir efficacement.
Le MPI est né de cette réflexion. Il ne s’agit pas simplement d’ajouter un diplôme à un parcours, mais de développer des capacités concrètes permettant de mieux comprendre les situations, de faire face à la complexité et d’accroître sa puissance d’action.
Notre conviction est qu’une formation doit se mesurer autant aux connaissances acquises qu’aux capacités qu’elle permet de développer.
La Nouvelle République : Qu’est-ce qui distingue le MPI des autres formations en diplomatie, en management et en gestion des conflits ?
Kag Sanoussi : Notre philosophie repose sur trois dimensions complémentaires : la connaissance, la capacitation et l’action.
Nous ne voulons pas seulement transmettre des savoirs. Nous voulons permettre aux apprenants de les mobiliser avec discernement et efficacité dans leurs responsabilités professionnelles et personnelles.
Notre approche est fondamentalement andragogique : l’apprenant n’est pas un simple récepteur de connaissances, il est aussi un artisan de sa formation. Il arrive avec son expérience, ses savoirs et ses pratiques, qu’il partage, confronte et enrichit au contact des autres. Ainsi, chacun apprend, mais chacun contribue également à faire apprendre.
C’est dans cette logique que s’inscrit la pratique de l’Intelligence Négociationnelle®, une démarche qui permet à chacun de mieux identifier, combiner et mobiliser ses différentes intelligences, ses connaissances et ses ressources pour comprendre, décider et agir avec davantage d’efficacité.
Notre modèle pédagogique privilégie les études de cas, les mises en situation, les échanges d’expériences, les travaux appliqués et le dialogue des savoirs. Il s’appuie sur un corps professoral international composé d’enseignants-chercheurs et de professionnels des secteurs public et privé, exerçant en Afrique, dans les Amériques, en Asie, en Europe et au Moyen-Orient.
Au MPI, nous considérons que l’on ne vient pas seulement pour apprendre des autres, mais aussi pour apporter aux autres. C’est cette réciprocité qui enrichit la formation et accroît notre puissance d’action collective.
La Nouvelle République : À qui s’adresse cette formation et quels avantages peut-elle offrir aux personnes qui souhaitent s’y inscrire ?
Kag Sanoussi : Le MPI s’adresse aux diplomates, ministres, élus, maires, parlementaires, hauts fonctionnaires, directeurs de cabinet, conseillers, cadres supérieurs, directeurs généraux, dirigeants d’entreprises, responsables d’organisations internationales, étudiants et, plus largement, à toutes les personnes qui souhaitent développer leurs capacités stratégiques et opérationnelles.
Pourquoi un public aussi diversifié ? Parce que négocier, décider, anticiper, gérer des relations humaines ou institutionnelles et résoudre des situations complexes ne sont pas des activités réservées aux diplomates.
Un ministre négocie, un parlementaire négocie, un maire négocie, un dirigeant d’entreprise négocie, un conseiller négocie, un étudiant négocie. Un responsable administratif doit arbitrer, un élu doit rechercher des compromis et un cadre doit parfois gérer des conflits.
Quels que soient notre fonction, notre diplôme ou notre grade, ces réalités traversent notre quotidien.
Le MPI s’adresse ainsi aussi bien aux professionnels expérimentés qui souhaitent enrichir leurs pratiques qu’aux futurs responsables désireux de mieux se préparer à l’exercice de leurs fonctions.
Plus les responsabilités sont importantes, plus la capacité à décider avec discernement, à négocier avec intelligence et à agir avec pertinence devient déterminante.
La Nouvelle République : Vous lancez la deuxième promotion du MPI. Quel bilan tirez-vous de la première et qu’apporte le nouveau partenariat avec le Togo ?
Kag Sanoussi : La première promotion, MADIBA 2024-2025, a été organisée avec l’UCL, notre partenaire universitaire gabonais dans le domaine des relations internationales. Elle a permis de former quinze diplômés, dans une dynamique internationale réunissant 25 nationalités, corps professoral compris.
Cette première expérience a confirmé la pertinence de notre approche andragogique. Un résultat en témoigne particulièrement : sur les quinze premiers diplômés, cinq ont depuis rejoint notre corps professoral. Ils sont ainsi passés du statut d’apprenants à celui de contributeurs à la formation des nouvelles promotions. C’est une illustration concrète de notre philosophie : reconnaître les savoirs, valoriser les expériences et favoriser leur transmission.
Nous avons également tiré des enseignements importants sur l’accompagnement des apprenants, l’organisation pédagogique, l’encadrement des travaux et la valorisation des acquis.
Pour cette deuxième promotion, baptisée Amadou Hampâté Bâ 2026-2027, nous avons souhaité franchir une nouvelle étape en élargissant notre approche aux sciences politiques, aux sciences de gestion et de l’administration, tout en conservant pleinement la dimension diplomatique et internationale du MPI.
C’est dans cette perspective que nous avons noué un partenariat avec l’Univers du Leadership International de XOESE (UNIVERS XOESE), un établissement d’enseignement supérieur togolais dont nous apprécions le dynamisme, l’ouverture internationale et la volonté d’innover dans les pratiques pédagogiques.
Au-delà du MPI que nous portons ensemble, UNIVERS XOESE propose également des formations de BTS, de licence et de master, notamment dans les domaines du droit, de la gestion, de la communication et des sciences politiques.
Ce partenariat traduit notre volonté commune de renforcer l’architecture académique du MPI, d’élargir ses perspectives et de contribuer à son rayonnement international.
Délivrer un diplôme est une chose ; travailler à sa valorisation académique, institutionnelle et professionnelle en est une autre. Notre ambition est donc de former et de diplômer, mais aussi de valoriser durablement les compétences, les parcours et les contributions de nos diplômés.
La Nouvelle République : Quelle place accordez-vous aux savoirs endogènes africains dans cette formation ?
Kag Sanoussi : L’Afrique possède un patrimoine considérable de connaissances, de pratiques et d’expériences en matière de médiation, de négociation, de gouvernance et de régulation sociale.
Ces savoirs ont déjà leur place dans différents travaux et enseignements académiques. Notre ambition est de renforcer leur présence, d’amplifier leur valorisation et surtout de favoriser leur mise en dialogue avec d’autres traditions intellectuelles et approches scientifiques.
Concrètement, nous mobilisons des expériences historiques, des mécanismes traditionnels de résolution des conflits, des études de cas africaines et notre démarche de l’Arbre à palabres, qui favorise le dialogue, la confrontation constructive des connaissances et l’apprentissage collectif.
Il ne s’agit ni de folkloriser les savoirs endogènes africains ni de les opposer aux connaissances venues d’ailleurs. Notre démarche s’inscrit dans le principe d’Addition-Multiplication®, qui consiste à faire dialoguer les savoirs, à croiser les expériences et à combiner les intelligences pour produire de nouvelles compréhensions et accroître notre puissance d’action.
Nous voulons ainsi contribuer à une dynamique académique dans laquelle les savoirs endogènes africains ne sont pas seulement étudiés, mais pleinement mobilisés, interrogés et enrichis dans leurs interactions avec les autres savoirs.
L’Afrique ne doit pas seulement être un espace de réception des savoirs. Elle doit continuer à affirmer sa place dans leur production, leur renouvellement et leur rayonnement international.
La Nouvelle République : Le MPI étant dispensé en ligne, comment les professionnels en activité peuvent-ils concilier cette formation avec leurs responsabilités ?
Kag Sanoussi : Le MPI est dispensé à 100 % en ligne, avec des enseignements interactifs, un encadrement pédagogique rigoureux et un accompagnement individualisé.
Les cours se déroulent principalement deux fois par semaine, les mardis et jeudis, de 18 h à 21 h, heure de Paris. À cela s’ajoute, le dernier samedi de chaque mois, un séminaire de qualification et de capacitation organisé « Sous l’Arbre à palabres ».
Ce dispositif a été pensé pour les professionnels en activité, y compris ceux qui exercent de très hautes responsabilités. Un ministre, un ambassadeur, un maire, un directeur général ou un cadre supérieur peut ainsi se former sans interrompre ses fonctions ni quitter son pays.
Il permet également aux responsables qui le souhaitent de suivre leur parcours avec discrétion et confidentialité, dans le respect des exigences administratives et académiques.
Nous avons voulu conjuguer souplesse d’organisation, proximité pédagogique et rigueur méthodologique. La formation à distance ne doit être synonyme ni d’isolement ni de moindre exigence.
La Nouvelle République : La rentrée de la nouvelle promotion approche. Les candidats peuvent-ils encore déposer leur dossier et où trouver les informations nécessaires ?
Kag Sanoussi : La rentrée de la promotion Amadou Hampâté Bâ 2026-2027 est fixée au 27 octobre 2026. Toutefois, les candidatures peuvent encore être examinées en novembre et, selon les situations, en décembre, grâce à un dispositif spécifique de rattrapage et d’accompagnement des nouveaux inscrits.
Notre équipe pédagogique et administrative est mobilisée pour faciliter leur intégration et leur permettre de rejoindre la progression de la cohorte dans de bonnes conditions.
Nous voulons rendre une formation internationale de haut niveau accessible aux professionnels en activité, sans transiger sur la qualité ni sur les exigences académiques.
Toutes les informations relatives au MPI sont accessibles sur notre site internet www.mpimaster.org. Les personnes intéressées peuvent y consulter la présentation de la formation, le programme, les conditions d’admission et les modalités d’inscription.
Elles peuvent également nous contacter par courriel à contactiigc@gmail.com ou contact@univers-xoese.org, ou par WhatsApp aux numéros suivants : +33 6 22 81 88 89, +228 92 37 37 18 et +228 70 51 98 51.
