(La Nouvelle République)-Face à l’urgence environnementale, les entreprises africaines multiplient les messages sur leurs initiatives écologiques. Mais derrière ces discours, la réalité est parfois très différente. L’éco-blanchiment, ou greenwashing, gagne du terrain, et le Togo n’échappe pas à ce phénomène.
L’éco-blanchiment consiste à donner une image “verte” à un produit ou service alors que son impact environnemental reste important, voire négatif. C’est beaucoup de communication pour peu d’action réelle.
En Afrique, certaines entreprises profitent du désir des consommateurs pour des produits responsables. Elles mettent en avant des emballages recyclables alors que la production reste polluante, utilisent des logos inventés pour séduire le public, ou promettent des projets verts sans données ni suivi indépendant. Ces pratiques trompent les consommateurs et freinent l’adoption de véritables initiatives durables.
Au Togo, le phénomène se manifeste particulièrement dans le secteur agroalimentaire. Certaines marques mettent en avant un “label bio” ou “produit naturel” sans certification officielle. Les emballages verts ou les slogans vantant le respect de l’environnement donnent l’impression d’un produit écologique, alors que les méthodes de production peuvent rester polluantes ou non durables. Cette forme d’éco-blanchiment trompe les consommateurs et ralentit la transition vers une agriculture véritablement responsable.
Pour éviter d’être trompé, il est important de vérifier les labels officiels reconnus au Togo et en Afrique, de demander des preuves chiffrées des engagements environnementaux et d’observer l’ensemble des pratiques de l’entreprise.
Par ailleurs, il faut souligner que l’éco-blanchiment est illégal et les entreprises peuvent être sanctionnées pour publicité trompeuse ou fraude environnementale, avec amendes, retrait de communication, dommages et intérêts, voire sanctions pénales. Ce sujet est d’ailleurs pris en compte dans le projet de loi portant loi-cadre sur l’environnement, actuellement en étude à l’Assemblée nationale togolaise.
Gabriel BLIVI
