(La Nouvelle République)-A l’occasion de ses 15 ans d’existence, le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) tire la sonnette d’alarme sur les conditions sociales des professionnels des médias du secteur privé. Dans une déclaration rendue publique le 27 août 2026, le syndicat estime que la situation appelle des mesures urgentes.
Pour étayer son constat, le SYNJIT s’appuie sur une enquête menée entre avril et mai 2026 auprès de 69 journalistes du secteur privé. Selon les résultats présentés, 91,3 % des répondants déclarent percevoir moins de 100 000 FCFA par mois, tandis que 49,3 % gagnent moins de 50 000 FCFA. Le syndicat relève également une forte précarité contractuelle, avec 60,9 % des journalistes concernés par des CDD, la pige, les stages ou le bénévolat.
La question de la régularité des revenus constitue également une préoccupation. Près de 38 % des personnes interrogées déclarent connaître des retards importants ou une irrégularité dans le paiement de leurs salaires.
Le SYNJIT met surtout en avant les perspectives professionnelles jugées préoccupantes. 78,3 % des journalistes interrogés estiment ne pas pouvoir exercer ce métier jusqu’à la retraite. Le niveau moyen de satisfaction professionnelle ressort, selon l’enquête, à 1,26 sur 5.
Face à cette situation, le syndicat appelle à une action sur plusieurs fronts. Il demande notamment une meilleure application de la convention collective sectorielle signée en 2022, l’instauration d’un salaire plancher professionnel, ainsi qu’un conditionnement de l’aide publique aux médias au respect des obligations sociales, notamment la déclaration à la CNSS et la régularité des salaires.
Le SYNJIT plaide également pour un encadrement plus strict des stages, afin de lutter contre les formes de bénévolat prolongé ou déguisé dans les entreprises de presse.
Au terme de sa déclaration, le syndicat rend hommage aux journalistes qui continuent d’exercer malgré les difficultés et réaffirme sa volonté de poursuivre son action en faveur de l’amélioration des conditions de travail et de vie des professionnels des médias privés au Togo.
Gabriel BLIVI
Journaliste de formation, il s’intéresse particulièrement à l’actualité politique, économique et sociale, ainsi qu’aux enjeux de gouvernance, de développement et de changement climatique au Togo et en Afrique.
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