(La Nouvelle Républiqu)-Le Botswana, dont un quart du PIB et un tiers des recettes fiscales proviennent du diamant, traverse une crise profonde liée à la chute des prix et de la demande mondiale de pierres précieuses. Depuis 2022, les ventes de diamants bruts de De Beers, principal opérateur du pays, ont chuté de plus de 50 %, impactant fortement les finances publiques et l’emploi. Pour tenter d’amortir le choc, le gouvernement et De Beers ont lancé de nouveaux programmes de formation destinés aux jeunes talents nationaux.
Ces initiatives comprennent des bourses, des stages et la création d’un institut dédié aux métiers du diamant. Mais elles interviennent dans un contexte social tendu, alors que Debswana, la coentreprise entre l’État et De Beers, prévoit le licenciement de 1000 travailleurs, soit près de 20 % de ses effectifs. Le chômage, déjà élevé à plus de 27 %, risque de s’aggraver.
La crise a entraîné une baisse significative des recettes publiques. Le déficit budgétaire est estimé à 9,2 % du PIB pour l’exercice 2024/2025, selon la Banque mondiale, tandis que le FMI prévoit une deuxième année consécutive de contraction économique, avec une croissance de -0,4 % en 2025. Ces chiffres contredisent les projections officielles initiales, qui tablaient sur un rebond de 3,3 %.
Conscient de sa vulnérabilité, le Botswana intensifie sa stratégie de diversification. Le pays mise désormais sur d’autres ressources minières comme le cuivre et l’uranium, ainsi que sur des secteurs non extractifs tels que l’agro-industrie, le commerce régional via la ZLECAf et l’innovation technologique, pour réduire sa dépendance au diamant et stimuler une croissance plus inclusive.
Louise LAWSON
