(La Nouvelle République)-Le meeting organisé à Akassimé, ce samedi 09 mai 2026, par l’opposition togolaise et des organisations de la société civile regroupées au sein du Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC) s’est soldé par une mobilisation largement en deçà des attentes. Un constat qui, pour de nombreux observateurs, vient confirmer une tendance désormais récurrente qui est celle de l’incapacité de l’opposition à transformer ses initiatives politiques en véritable force de mobilisation populaire.
Après une période de faible visibilité sur le terrain politique, les acteurs de l’opposition entendaient relancer leur dynamique militante à travers cette rencontre publique, pourtant autorisée par les autorités administratives. L’objectif pour eux était de remobiliser les bases et de raviver le débat politique autour de la gouvernance du pays.
Pour plusieurs analystes, cet épisode s’inscrit dans une série d’échecs successifs de l’opposition, surtout sa frange radicale à réinvestir l’espace public avec une force suffisante pour peser sur le débat national. Entre stratégies de boycott électoral pour certaines formations, participation partielle aux institutions ou politique de chaises vides pour d’autres et initiatives sporadiques sur le terrain, la ligne politique apparaît fragmentée et peu lisible.
Le CNCC, censé incarner un cadre de convergence entre forces politiques et organisations citoyennes, dernier né des cadres de concertation des partis de l’opposition et de la société civile peine lui aussi à sonner la remobilisation.
Dans le même temps, le pouvoir en place, incarné par le président du Conseil Faure Gnassingbé, continue de mettre en avant ses actions de gouvernance axées sur la stabilité institutionnelle et le développement socio-économique. Une approche que les populations dans leur majorité estiment de plus en plus visible à travers divers projets et réformes.
Ce contraste entre une opposition en difficulté de mobilisation et un pouvoir solidement installé contribue à renforcer l’impression d’un déséquilibre politique durable. L’épisode d’Akassimé apparaît ainsi comme un nouvel indicateur de ce que nous évoqué plus haut, notamment l’incapacité de l’opposition à transformer des initiatives ponctuelles en véritable dynamique populaire structurée.
À ce stade, la question de la « résurrection politique » de l’opposition reste entière. Et le rendez-vous du 09 mai, loin d’en être le point de départ, semble plutôt confirmer les obstacles persistants à toute remobilisation effective du peuple togolais autour de son agenda.
Gabriel BLIVI
