(La Nouvelle République)-L’ex-ministre des Armées, Marguerite Gnakadé, a été arrêtée le 17 septembre 2025 à son domicile par les forces de sécurité. L’information, d’abord relayée sur les réseaux sociaux, a été confirmée dans la journée par plusieurs sources proches du dossier. Longtemps silencieuse après avoir publiquement soutenu l’appel du Mouvement M66, elle se retrouve aujourd’hui citée dans une affaire d’État mêlant sécurité nationale, mercenariat et manipulation politique.
Selon les premiers éléments d’enquête, la manifestation du 30 août à Lomé n’était pas un simple rassemblement de l’opposition. Des mercenaires étrangers auraient été identifiés parmi les organisateurs, certains même interpellés avant leur déploiement. Des caches d’armes privées ont été découvertes dans différents quartiers de la capitale. Des personnalités politiques togolaises sont citées dans les rapports sécuritaires, et le nom de Marguerite Gnakadé revient de manière insistante.
L’ancienne ministre, limogée en 2022, est désormais soupçonnée de connexions avec des réseaux transfrontaliers actifs dans des zones de conflit de la sous-région. Une perquisition de ses propriétés serait en préparation. Si les charges officielles n’ont pas encore été communiquées, les faits évoqués pointent vers une atteinte grave à la sécurité de l’État. Ce glissement du discours politique à la menace armée donne à cette affaire une portée bien plus large qu’un simple désaccord idéologique.
Les services de renseignement évoquent également un jeu d’influence orchestré depuis l’étranger. Des membres de la diaspora togolaise en Europe auraient participé à la mobilisation des manifestations à travers des financements, des relais numériques et des campagnes de désinformation. Ce qu’un politologue basé à Lomé qualifie de « guerre hybride », où se mêlent activisme politique, opérations clandestines et manipulation de masse.
Face à cette situation, l’État togolais affiche une volonté claire de reprendre le contrôle. L’arrestation de Marguerite Gnakadé s’inscrit dans une stratégie de fermeté visant à dissuader toute tentative future de déstabilisation violente. Le silence observé par les chancelleries occidentales sur cette affaire, pourtant lourde de conséquences, contraste avec leur réactivité habituelle sur les crises africaines. Une position qui pousse les autorités à revendiquer un récit souverain, axé sur la défense de l’ordre républicain.
Gabriel BLIVI
